Lorsque Alexandre Garcin a imaginé Zero-Waste Roubaix, ce n’était pas la durabilité qu’il voulait aborder, mais le problème des déchets qui affectait sa ville. Au milieu de sa campagne pour devenir conseiller municipal, l’idée de Garcin était simple : plutôt que de nettoyer de plus en plus les rues de la ville, pourquoi ne pas produire moins de déchets en premier lieu?

Après sa victoire, Garcin a envoyé des tracts à la recherche de 100 volontaires pour participer à un programme pilote gratuit d’un an qui leur apprendrait à vivre sans déchets – ou du moins avec moins de déchets que d’habitude. Ces familles zéro déchet suivraient une formation et assisteraient à des ateliers sur des sujets tels que la fabrication de son propre yaourt et le nettoyage avec des produits faits maison, dans le but de réduire de moitié leurs déchets d’ici la fin de l’année.

Les volontaires n’ont pas reçu d’incitations financières directes pour participer – seulement la promesse de contribuer à résoudre le problème des déchets et de protéger l’environnement.

Le programme de Roubaix a adopté une approche « basée sur l’information » pour le changement, qui permet la compréhension et la sensibilisation à travers des instructions, des forums, des réunions, des formations et des retours d’expérience. Le projet s’est concentré sur la création d’une identité autour du zéro déchet et l’attribution d’objectifs de réduction quantitative des déchets aux familles – des stratégies qui se sont avérées efficaces dans d’autres contextes, et tout le monde a reçu des directives assez simples.

Selon Garcin, il n’est en réalité « pas si difficile » de réduire de moitié la production de déchets d’un ménage. Le compostage vous rapproche déjà de cet objectif, car les déchets organiques représentent environ un tiers des déchets municipaux moyens d’une famille française. Un autre tiers est en verre et en métal, une part significative pouvant probablement être évitée par le recyclage, et 10 % sont en plastique, dont une grande partie peut être évitée en trouvant des alternatives réutilisables aux sacs d’épicerie en plastique, aux couverts, aux emballages et à d’autres articles à usage unique.

Les avantages pour la réduction des déchets pourraient être énormes; réduire les déchets pourrait favoriser la biodiversité et améliorer les systèmes alimentaires. Ils pourraient également réduire les émissions de gaz à effet de serre de 84% au niveau mondial.

Les 800 familles que Roubaix a formées depuis 2015 représentent probablement la tranche de la population la plus convaincue de la ville, soit environ 1,8% de ses 100 000 habitants. La ville élargit son programme d’influence social à travers des publicités, des festivals et des rencontres communautaires, en mettant également en valeur les récits de ses familles zéro déchet les plus réussies dans les médias locaux, régionaux et nationaux. La mairie a intégré les pratiques et l’éducation sur le zéro déchet dans toutes les écoles publiques de Roubaix.

Roubaix a également accueilli deux bâtiments pour devenir des incubateurs de zéro déchet et est en train de devenir un réseau de commerçants zéro déchet – notamment des restaurants, des épiceries, des librairies et plus encore.

En conclusion, l’approche « zéro déchet » utilisée par la ville de Roubaix a réussi à sensibiliser la population au problème des déchets, à persuader les familles d’adopter des habitudes zéro déchet et à réduire considérablement la production de déchets. Cette stratégie a également attiré l’attention des médias locaux, régionaux et nationaux et pourrait être reprise par d’autres villes et communautés.