Le contrecoup de la guerre Israël-Hamas sur les sociétés européennes

Alors que le monde se concentre sur les nombreuses manières dont la guerre Israël-Hamas remodèle la géopolitique du Moyen-Orient, les puissances occidentales doivent également faire face à son impact sur leurs sociétés et leurs politiques intérieures. L’inquiétude ne se limite pas à un débordement régional immédiat, mais également aux répercussions à Paris, Berlin, Londres et au-delà.

  • Résurgence de l’antisémitisme en France et en Allemagne
  • Discours des dirigeants français et allemands
  • Identités nationales en crise
  • Menace pour la cohésion de l’UE

L’histoire tourmentée de la France et de l’Allemagne fait craindre une recrudescence de l’antisémitisme dans les deux pays suite à la récente massacre du Hamas en Israël et la guerre de représailles menée par le gouvernement israélien. En France, qui abrite les plus grandes communautés juive et musulmane en Europe, les événements pourraient potentiellement opposer deux minorités – toutes deux victimes de persécutions historiques – l’une contre l’autre. En Allemagne, le poids de la Seconde Guerre mondiale n’a pas besoin d’explication.

Les dirigeants des deux pays ont pris position contre la montée inacceptable des actes antisémites. Le vice-chancelier allemand, Robert Habeck, a enregistré une déclaration vidéo directe de 10 minutes, soulignant que la sécurité d’Israël fait partie de la Staatsräson de l’Allemagne, soulignant une responsabilité collective et profondément individuelle. Emmanuel Macron, quant à lui, a émis une mise en garde similaire, mais a choisi de le faire dans la loge maçonnique la plus prestigieuse de France, montrant un avertissement contre la montée de l’antisémitisme.

  • Absence de discours universel dans les deux pays
  • Répercussions sur l’UE et la cohésion européenne

Au cours des deux dernières années, l’Allemagne a vu sa confiance dans le mercantilisme comme outil pour la démocratie remise en question, sa dépendance au confort mise au défi et son pacifisme remis en cause par les nécessités de la guerre. Une résurgence de l’antisémitisme peut sembler être un défi à sa dernière vérité fondamentale. Et donc, les réaffirmations nettes de ces vérités par Habeck étaient nécessaires mais aussi désespérées.

Les mots de Macron ont révélé les lacunes d’un universalisme qui, parce qu’il affirme des valeurs républicaines intemporelles, ne peut permettre de revisiter le passé comme un lieu réel, avec de vraies souffrances.

  • La difficulté pour les deux pays de progresser
  • Les menaces pour l’UE et sa cohésion

Dans ce contexte, il est difficile pour de nouvelles narrations convaincantes d’émerger – des narrations qui intègrent le passé mais permettent également la création de nouvelles identités nationales. Avec une guerre qui fait rage en Europe même et les partis d’extrême droite en plein essor au sein des démocraties du continent, de telles « défaillances identitaires » menacent la cohésion et la capacité de l’UE.

La guerre au Moyen-Orient rend cette menace encore plus pressante. Les dirigeants de la France et de l’Allemagne permettent à leurs lacunes d’être utilisées par ceux qui peuvent tirer profit de ce vide.