L’enquête pour comprendre les difficiles conditions de vie des marmottes alpines face à la crise climatique – victimes d’un combat sans fin pour leur survie – bat son plein dans les Alpes françaises. Christophe Bonenfant, écologiste et chercheur, mène une étude approfondie sur ces rongeurs, connus pour leur apparence douce et aimée des amateurs de randonnée, mais qui cachent une réalité brutale.

Dans un laboratoire niché au cœur des montagnes, Bonenfant et son équipe s’efforcent de capturer des marmottes et de les étudier afin de mieux comprendre leur comportement. Ce processus doit être effectué rapidement, car les marmottes peuvent perdre leur territoire en moins d’une heure. En coopération avec Rébecca Garcia, la technicienne du laboratoire, Bonenfant anesthésie, mesure, préleve des échantillons de sang, de poils et de fèces, puis réveille et relâche les marmottes sur leur lieu de capture.

Ce que révèle cette étude, menée depuis 1990 par des scientifiques de l’Université de Lyon, est alarmant : le réchauffement climatique provoque une augmentation des conflits entre les marmottes et les membres subordonnés quittent leur groupe familial plus tôt, conduisant à davantage de combats pour la dominance. Les marmottes subissent également des conséquences dues au manque de neige, qui les empêche de survivre à l’hiver. Par conséquent, le cycle de reproduction des marmottes est désormais plus instable et les populations diminuent de 4% chaque année.

Outre le manque de neige, d’autres changements liés au climat agissent comme des multiplicateurs de menaces pour les marmottes. La montée de la ligne des arbres limite leur territoire, tandis que de nouveaux prédateurs, comme les renards, s’installent dans la région.

Les Alpes sont des sentinelles du changement climatique, montrant de manière frappante les conséquences de l’activité humaine sur l’environnement. Les marmottes, quant à elles, sont des sentinelles des Alpes, témoignant de la rapide transformation de leur vie face au réchauffement climatique d’origine humaine. Leur avenir est devenu plus court et plus rude.

Alors que les scientifiques continuent leur combat pour comprendre et aider ces rongeurs, ils espèrent trouver des solutions pour les protéger et les préserver de l’impact dévastateur du changement climatique.

À La Grande Sassière, le laboratoire de recherche des marmottes alpines, Christophe Bonenfant et son équipe relâchent la marmotte, désormais pleinement consciente dans son habitat naturel. Elle se précipite vers de nouveaux défis, prête à affronter les batailles à venir.