IEn décembre 1973, deux membres de l’IRA provisoire se sont rendus dans une maison à Belfast-Ouest et ont dit à l’homme qui est venu ouvrir que leur voiture avait percuté la sienne. Il a quitté la maison en pantoufles pour voir ce qui s’était passé et a été embarqué de force dans une voiture en attente. Sa femme et ses deux filles ne l’ont jamais revu ; pendant sept ans, ils ne savaient pas s’il était mort ou vivant.
L’homme s’appelait Thomas Niedermayer ; il était allemand et était venu en Irlande du Nord pour diriger une nouvelle usine électronique en 1961. L’histoire de son enlèvement, et l’impact terrible qu’il a eu sur sa famille, est racontée dans ce documentaire captivant. Ce n’est guère un spoiler de dire que Niedermayer a fini par être tué : le nom du film fait référence à la façon dont il a été enterré, dans une forêt peu attrayante utilisée par des personnes qui déversent leurs déchets sauvagement. Réalisé par Gerry Gregg, le film se concentre sur les petites-filles de Niedermayer, Tanya et Rachel, qui ont grandi sans savoir ce qui s’était passé. Mais une ombre planait sur leur vie néanmoins : on leur avait dit quand elles étaient enfants que personne dans leur famille ne vivait au-delà de 40 ans, et quand elles étaient petites filles, leur mère s’est suicidée, comme sa propre mère l’avait fait, 10 ans après les funérailles de son mari.
Le film entrelace des entretiens avec du matériel d’archives qui fait un bon travail en situant l’enlèvement dans un contexte historique. Certaines contributions sont plus précieuses que d’autres – l’ex-secrétaire glamour de Niedermayer apporte une touche de gaieté bienvenue, mais il y a aussi des interventions agaçantes d’analyse psychologique, où des expériences comme le traumatisme sont « décortiquées ». Le film identifie également un véritable méchant : l’IRA provisoire, en particulier son dur Brian Keenan, qui a orchestré l’enlèvement.
Parfois, en vérité, les cinéastes exagèrent la tristesse d’une histoire : la musique plaintive monte en puissance ; la caméra se déplace lentement sur une lettre de suicide. Mais la dignité des petites-filles de Niedermayer, leur résilience et leur compassion, est profondément émouvante ; le film montre habilement comment les actes brutaux ne se produisent jamais dans le vide, mais résonnent pendant de nombreuses années, leur obscurité se transmettant de génération en génération comme une malédiction.
Points importants :
- En décembre 1973, deux membres de l’IRA provisoire enlèvent Thomas Niedermayer, un Allemand travaillant en Irlande du Nord.
- Sa famille ne sait pas pendant sept ans s’il est mort ou vivant.
- Le film suit les petites-filles de Niedermayer, Tanya et Rachel, qui grandissent sans connaître la vérité.
- Le film utilise des entretiens et des documents d’archives pour donner un contexte historique.
- Le film dénonce l’IRA provisoire et identifie Brian Keenan comme le cerveau de l’enlèvement.
- La dignité et la résilience des petites-filles de Niedermayer sont mises en avant.
Le film Face Down sort le 11 août dans les cinémas du Royaume-Uni et d’Irlande.
