Un musée français défie la Chine et ouvre une grande exposition sur Genghis Khan

Le musée d’histoire du Château des ducs de Bretagne à Nantes a enfin ouvert sa dernière exposition sur Genghis Khan et l’empire mongol, malgré une vive polémique culturelle l’année dernière entre la France et la Chine. Cette exposition, intitulée « Genghis Khan : Comment les Mongols ont changé le monde », présente des centaines d’objets jamais montrés en Europe, certains découverts par des archéologues il y a seulement trois ans. Elle propose une lecture moderne de l’importance géopolitique de cet immense empire continental.

Les faits marquants de l’article :
– Le musée d’histoire du Château des ducs de Bretagne à Nantes ouvre enfin son exposition sur Genghis Khan malgré une controverse avec la Chine.
– L’exposition présente des objets inédits et propose une lecture moderne de l’empire mongol.
– La polémique de l’année dernière concernait la collaboration du projet avec le musée de Mongolie intérieure à Hohhot, en Chine.
– Les autorités chinoises exigeaient la suppression de certains mots de l’exposition, ainsi que le contrôle du contenu des brochures, explications et cartes.
– Le musée de Nantes a refusé ces demandes et a choisi de collaborer avec des musées en Mongolie.

L’exposition met en avant l’empire mongol, dirigé par Genghis Khan, qui à sa mort en 1227, s’étendait du Caspien au Pacifique, quatre fois plus grand que celui d’Alexandre le Grand et deux fois plus grand que celui de Rome. Au-delà des clichés cinématographiques de guerriers sanguinaires, l’exposition cherche à montrer les leçons plus larges et géopolitiquement pertinentes de l’empire mongol aux 13e et 14e siècles, de la change climatique aux pandémies, en passant par la cartographie et la science. À son apogée, l’empire contrôlait plus de 22% de la superficie terrestre de la planète, s’étendant des côtes du Japon à l’Europe de l’Est.

La polémique de l’année dernière a mis l’accent sur la collaboration du projet avec le musée de Mongolie intérieure à Hohhot, en Chine. Les autorités chinoises ont exigé que certains mots, tels que « Genghis Khan », « empire » et « mongol », soient retirés de l’exposition française. Elles ont également demandé le contrôle du contenu des brochures, explications et cartes, à un moment où le gouvernement chinois durcissait sa discrimination à l’égard des Mongols ethniques, nombreux dans la province chinoise du nord de la Mongolie intérieure.

Cependant, le musée de Nantes a refusé ces demandes, déclarant que les autorités chinoises souhaitaient « réécrire de manière biaisée la culture mongole au profit d’un nouveau récit national ».

L’exposition, qui présente plus de 400 pièces, dont des casques, des tissus, des céramiques et de l’argent en papier, est désormais présentée en collaboration avec des musées de Mongolie. Cette ouverture survient également dans un contexte d’intérêt croissant et de réexamen de l’histoire de l’empire mongol à l’approche d’une exposition prévue à la Royal Academy de Londres sur l’art mongol.

Le directeur du musée de Nantes et commissaire général de l’exposition, Bertrand Guillet, souligne l’importance de dépasser l’image de Genghis Khan en tant que tyran sanguinaire afin d’explorer la coexistence entre les populations sédentaires et nomades à l’époque de la mondialisation. Il met en évidence l’influence de l’empire mongol sur des questions politiques et territoriales encore présentes aujourd’hui, comme les relations entre la Chine et la Russie, et les événements en Iran et en Europe centrale.

Guillet souligne également l’importance de l’histoire de l’empire mongol face au changement climatique et aux pandémies, rappelant que l’un des facteurs qui a contribué à l’effondrement de l’empire était la propagation de la grande peste, qui circulait le long des principales routes commerciales.

L’exposition se tiendra jusqu’au 5 mai 2024.

Important points of the article:
– The Chateau des ducs de Bretagne history museum in Nantes has opened its exhibition on Genghis Khan and the Mongol empire.
– The exhibition showcases objects that have never been shown in Europe, some of which were discovered by archaeologists three years ago.
– The exhibition provides a modern perspective on the geopolitical importance of the empire.
– The museum row in 2020 centered around the collaboration with the Inner Mongolia Museum in China.
– The museum in Nantes refused to comply with the demands of the Chinese authorities to change the content of the exhibition.
– The new show is a collaboration with museums in Mongolia instead.
– The exhibition goes beyond the cliches of bloodthirsty warriors and explores the broader impact of the Mongol empire on climate change, pandemics, cartography, and science.
– The exhibition highlights the religious tolerance and the cultural exchanges that took place during the empire.
– The director of the museum emphasizes the relevance of the Mongol empire to current geopolitics, including the relationship between China and Russia.
– The exhibition will run until May 5, 2024.