Le placement de produit n’a jamais été aussi fréquent et percutant que dans Gran Turismo, inspiré des expériences réelles de l’adolescent britannique Jann Mardenborough (incarné ici par le délicieusement gauche Archie Madekwe), dont les compétences sur PlayStation lui ont valu la chance de devenir pilote de course dans GT Academy, une promotion parrainée par Nissan visant à réconcilier le public avec les voitures. Avant même de pouvoir dire « Ulez », il prend des jets privés et déguste des sushis (« C’est incroyable ! ») tandis que des destinations glamour défilent à l’écran : Tokyo ! Dubaï ! Cardiff !
Le concours est l’idée de Danny Moore, un cadre de Nissan (interprété par Orlando Bloom), qui rêve de transformer des joueurs en coureurs automobiles. Moore, cependant, se présente comme une version ennuyeuse de Willy Wonka alors qu’il sélectionne les candidats. Heureusement, David Harbour incarne Jack Salter, un entraîneur bourru qui leur livre un discours décourageant affirmant que les joueurs novices sont condamnés à l’échec. Un discours qui pourrait presque s’adresser aux scénaristes Jason Hall (American Sniper) et Zach Baylin (King Richard), ainsi qu’à Neill Blomkamp, réalisateur de l’allégorie complexe sur les extraterrestres District 9, mais qui peine à animer les échanges les plus simples ici. Néanmoins, peut-être personne n’aurait pu apporter de naturalisme à la vie familiale de Jann, où ses parents sont interprétés par Djimon Hounsou, l’air perplexe, et Geri Halliwell Horner, alias Ginger Spice, qui reste aussi incapable de dire une réplique de manière convaincante qu’il y a 20 ans dans son caméo dans Sex and the City.
Les effets spéciaux montrant la carrosserie se matérialiser magiquement autour de Jann pendant qu’il est assis devant sa console laissent entrevoir ce que le film aurait pu être s’il avait adopté une esthétique inspirée des graphismes des jeux vidéo, à la manière de Tron ou Scott Pilgrim vs The World. Mais l’ennui l’emporte : une fois qu’on a vu une ou deux scènes plongeant sur les voitures qui foncent autour du circuit des 24 Heures du Mans, on les a toutes vues. Étrangement, le film ne prend vie que lors d’un accident, ou quand Danny, inspiré par le fondateur de GT Academy, Darren Cox, tente d’intervenir dans le processus de sélection pour favoriser un candidat plus médiatique.
Le commerce contamine toute l’entreprise. Quel logo d’entreprise est clairement visible sur le cadeau sincère que Jann offre à Jack ? (Indice : ce n’est pas Apple.) Et à mesure que l’adolescent progresse dans les rangs et sur les circuits, on nous répète sans cesse que le produit d’origine, la PlayStation, est un simulateur de conduite plutôt qu’un simple jeu. C’est une distinction qui s’applique également au film : il s’agit d’une simulation de cinéma, avec à peine une empreinte humaine visible sur son châssis.
Points importants de l’article :
– Le placement de produit intensif dans Gran Turismo, inspiré des expériences réelles de Jann Mardenborough.
– Le concours GT Academy de Nissan qui vise à former des pilotes de course à partir de joueurs de PlayStation.
– Le personnage de Danny Moore, un cadre de Nissan qui rêve de transformer les joueurs en coureurs automobiles.
– Le manque de naturalisme dans la vie familiale de Jann.
– Les effets spéciaux décevants et l’ennui qui prédominent dans le film.
– Le commerce envahissant dans l’entreprise.
– L’importance de la PlayStation comme simulateur de conduite.
