L’âge d’or de la tension mondiale actuelle a révélé quelques symboles de statut sans lesquels aucune superpuissance mondiale digne de ce nom ne saurait se passer. Parmi ceux-ci figurent les armes nucléaires, un programme spatial, et plus récemment, une production cinématographique de l’air force ultra-nationaliste et supersonique. En effet, des films tels que Top Gun: Maverick, Born to Fly et désormais Fighter sont devenus des musts géopolitiques incontournables. Ces films, à la fois superficiels et enchanteurs, sont de véritables blockbusters et permettent de valoriser les capacités de l’élite technologique des superpuissances modernes.

  • Top Gun: Maverick et l’intérêt géopolitique
  • Le déclin géopolitique de la Russie et l’ascension de la Chine et de l’Inde
  • Le pouvoir de la projection cinématographique doublé de puissance militaire
  • Les difficultés rencontrées par le film chinois Born to Fly
  • Les différences entre les films américains et chinois en termes de liberté artistique et de représentation de la réalité
  • L’impact de la coopération militaire indienne sur le film Fighter

Ces films, synonymes de militarisme, cherchent à renforcer l’image de puissance, et cela se comprend aisément. Par exemple, bien que sorti en 1986, Top Gun a connu un succès retentissant tant au box-office qu’en lançant la carrière de Tom Cruise en tant qu’icône américaine. Réalisé dans un style flamboyant et autant approuvé par le département de la Défense, le film a été un outil de propagande tout en étant un succès spectaculaire consacré par Hollywood.

La Chine a tenté de surfer sur la vague avec son film Born to Fly, mais s’est vite retrouvée en difficulté, dû en partie à des contraintes artistiques imposées par le gouvernement. De son côté, l’Inde s’apprête à proposer Fighter, un film produit en coopération avec l’armée indienne, mais même avec cet appui, il est peu probable que le film adopte des positions subversives contrairement à certains films de Shah Rukh Khan. Le soft-power américain, qui consiste à emballer la propagande dans une forme de divertissement fluide, restera probablement un modèle à suivre inégalé.

  • Fighter, entre propagande et divertissement
  • La difficulté pour la Chine de reproduire le modèle de propagande américain
  • Les contraintes de l’art et la créativité sur film de propagande imposées par les gouvernements

En fin de compte, même si la Chine et l’Inde ressentent le besoin de rivaliser avec le modèle américain, elles auront du mal à s’imposer si elles ne parviennent pas à maîtriser l’art de la dissimulation politique.

Fighter sortira en salles à partir du 25 janvier.