La vie, la mort et le purgatoire dans la Jungle de Calais cinq ans après sa démolition

Avant sa démolition en 2016, la Jungle de Calais – comme la surnommaient ses habitants – était le foyer de milliers de réfugiés et de migrants qui espéraient soit demander l’asile en France, soit obtenir un passage vers le Royaume-Uni. À l’origine composé de tentes de fortune et dépourvu de commodités de base telles que la chaleur et l’eau, ce campement précaire était rendu plus supportable par les efforts d’activistes de terrain. Mettant en évidence les réalités vécues sous ce symbole tristement célèbre de la crise des réfugiés en Europe, le documentaire extraordinaire de Thomas Laurance observe la vitalité culturelle et la solidarité qui ont fleuri sur ce sol boueux.

  • La Jungle de Calais était le foyer de milliers de réfugiés et de migrants
  • Les conditions de vie étaient précaires
  • Les militants ont amélioré les conditions de vie et créé un environnement de normalité et de communauté
  • Les bénévoles ont été confrontés à des dilemmes moraux liés à leur travail
  • Leur empathie reste l’outil le plus subversif pour lutter contre les idéologies draconiennes

Si l’on aperçoit brièvement des visages connus, notamment l’actrice Juliet Stevenson, l’accent est mis ici sur les Britanniques ordinaires qui ont été poussés à l’action par un sentiment de responsabilité partagée. À une époque où les opérations des ONG étaient entravées par les tracas administratifs, des volontaires sont arrivés à Calais avec des matériaux de construction et d’autres fournitures vitales. Ils ont aidé les habitants à ériger des logements plus sûrs, ainsi que des magasins, des restaurants et même un espace théâtral. Les installations étaient rudimentaires, mais ce travail a créé un environnement de normalité et de communauté pour ceux dont les droits fondamentaux étaient niés par les institutions étatiques.

Très loin du complexe du sauveur, de nombreux bénévoles se sont débattus avec l’éthique morale de leur travail. En améliorant les conditions de vie des migrants, certains activistes se sont demandé s’ils avaient involontairement encouragé leur détermination à tenter la dangereuse traversée de la Manche. Une scène inoubliable montre un travailleur social échangeant des textos avec un garçon afghan de sept ans, étouffant à l’intérieur d’un conteneur de camion. Ce moment déchirant dévoile la tragédie humaine dissimulée derrière des statistiques anonymes : il s’agit d’une question de vie et de mort. Les bénévoles ont beau insister sur le fait que leur travail n’est pas lié à la politique, leur empathie reste l’outil le plus subversif pour lutter contre les idéologies draconiennes.

On Our Doorstep est diffusé à partir du 12 août au Bertha DocHouse à Londres.