Le mystère de May December

Sorti sur Netflix le week-end dernier, le film May December, malgré son aspect coûteux et fascinant, dégage une atmosphère de culture poubelle dès les premières lignes. Le film a déjà récolté des éloges pour l’acteur Charles Melton de Riverdale, qui incarne un rôle de soutien. Le récit met en scène Gracie, la coquette et sifflante femme au foyer jouée par Julianne Moore, lors de la visite d’une actrice célèbre. Bien qu’apparemment légère, l’histoire complexe met en valeur des thèmes profonds et des personnages en pleine introspection.

Les Points Importants de l’Article

  • Mise en scène du personnage de Gracie
  • Confrontation de perceptions et projection
  • Différences d’âge dans la relation entre Joe et Gracie
  • Références au tabloïd concernant des histoires célèbres
  • Approche inédite de fascination pour les histoires de tabloïd
  • Inversion d’un spectacle public en réflexions intimes
  • Mélange étrange de fascination et de sensibilité

Développé par Todd Haynes d’après un scénario de Samy Burch, ce film est particulièrement énigmatique. Malgré l’impression que ses premiers instants et son casting de stars d’Hollywood peuvent donner, l’histoire se développe d’une manière inattendue, oscillant entre drame et comédie. La prise de conscience par le personnage d’Elizabeth, incarné par Natalie Portman, des facettes méconnues de Gracie, met en relief une révision féministe et sociétale pour les femmes de la culture populaire des années 90. Cette dynamique entre les personnages offre une perspective originale sur la fascination éternelle pour les histoires de tabloïd.

Le film fait également référence à l’affaire très médiatisée de Mary Kay Letourneau, la professeure de Seattle qui, en 1996 à l’âge de 34 ans, a séduit son élève âgé de 12 ans. Cette intrigue particulière ajoute une dimension ténébreuse à l’histoire de May December, interrogeant le voyeurisme sociétal et la perception des scandales.

La façon dont le film dépeint la relation entre les personnages et la fascination pour le sordide et le romanesque exerce une fascination corrodante, parfois risible. Cette inversion d’un spectacle public en réflexions privées met en lumière des personnages en miroir, des images doubles et une symétrie altérée. Toutefois, malgré les multiples réactions qu’il suscite, le film reste énigmatique et ne se range pas dans une catégorie définitive.

May December reste une plongée sans réponses ni excuses – un baume bienvenu pour la fascination pour les histoires de tabloïd. Cependant, cette approche peut laisser le spectateur froid, offrant un regard unique mais glacial sur une fascination malsaine pour l’effondrement moral. Certains aiment ce tour de force, tandis que d’autres le trouvent déconcertant. En fin de compte, May December demeure un étrange cercle d’attention, de délire et de fixation, laissant entrevoir le néant sans jamais s’y engouffrer complètement. Son aura de retenue, son absence de réponses ou d’excuses pour le comportement de Gracie, offrent un répit apprécié qui pousse à réfléchir et interroge la fascination malsaine pour les scandales. Peut-être qu’à la fin, il n’y a pas d’explication, juste un après sans gagnant.