Le réalisateur néerlandais-australien Rolf de Heer est de retour sur le grand écran après une décennie d’absence avec son nouveau film intitulé « The Survival of Kindness », présenté au Festival international du film de Berlin et lauréat du prix du jury. Le film raconte l’histoire d’un personnage nommé BlackWoman (interprété par Mwajemi Hussein), qui lutte pour sa survie dans un monde post-apocalyptique où la cruauté est partout sauf chez les personnes de couleur.
Le film se déroule dans des lieux magnifiques tels que les déserts australiens ou les montagnes sauvages, mais il y a une particularité qui le distingue des autres films: l’absence de dialogue. Les acteurs parlent en combinaison de leur langue maternelle et de leur seconde langue, ce qui crée une langue étrangère fictive. Cette décision audacieuse a permis au réalisateur de communiquer visuellement les émotions et les actions des personnages, une caractéristique présente dans tous les films de Rolf de Heer.
Le réalisateur de 71 ans a souvent pris des risques créatifs dans ses films, comme c’était le cas avec son film Bad Boy Bubby, une comédie noire controversée qui avait fait scandale il y a 30 ans. Dans The Survival of Kindness, il a choisi une distribution jeune, diversifiée et équilibrée en termes de genre, qui s’alignait sur les thématiques de justice sociale et d’oppression raciale qu’explore le film.
Le choix final pour la bande sonore du film était également audacieux, avec une musique particulière composée par l’artiste David Bridie. Le réalisateur explique que lorsqu’il a commencé à penser à la musique, il a compris que ce que son film demandait n’était pas un travail de composition classique. Il tenait à utiliser un mélange de sons et de bruits pour renforcer l’atmosphère dystopique.
Rolf de Heer a expliqué que le choix du thème du film était motivé par la nécessité de se raccrocher à quelque chose de créatif mieux que par une intention politique ou sociopolitique spécifique. Le film aborde les questions de l’injustice sociale et de l’oppression raciale, mais Rolf de Heer souligne qu’il voulait avant tout faire un film cinématographique qui surprendrait les spectateurs tout en les captivant.
En fin de compte, le choix de Rolf de Heer de créer un film sans dialogue intelligible a payé. The Survival of Kindness est un film différent, innovant et extrêmement cinématographique qui parle de thèmes pertinents pour notre époque. A travers des images et des sons, le film raconte une histoire émouvante de courage, de compassion et d’espoir qui touchera tous ceux qui ont l’occasion de le voir.
