La majestueuse rivière Sava, qui traverse les pays qui formaient autrefois la République de Yougoslavie, inspire une sorte de continuité sereine dans une région marquée par la division géographique et politique. Que l’on admire la végétation luxuriante depuis les hauteurs ou que l’on plonge dans les eaux célestes, la caméra de Matthew Somerville est émerveillée par la beauté de la Sava. Voici une déesse de la rivière – et une témoin historique.

Partant de Zelenci, en Slovénie, l’odyssée cinématographique de Somerville dérive en aval sur toute la longueur de la rivière, pour finalement arriver à Belgrade, en Serbie. En s’arrêtant en chemin pour interroger les habitants, le film aborde des idées complexes sur la nationalité, notamment dans les pays où de plus en plus de personnes partent à la recherche d’un avenir meilleur. Chargée d’un mépris troublant envers les réfugiés, une conversation entre deux opérateurs de bateaux slovènes se transforme sans transition en coulisses à Zagreb, en Croatie, où un groupe de drag queens se prépare pour leur prochain spectacle. En mettant côte à côte le nationalisme conservateur et la solidarité queer, c’est une juxtaposition saisissante qui montre comment la perte et la nostalgie peuvent facilement se transformer en intolérance.

Au-dessus de ces conversations intimes, qui réunissent des personnes de différents groupes d’âge, plane un sentiment écrasant de déconnexion, que ce soit par rapport à un avenir incertain ou à une identité nationale passée qui n’existe plus. Narré avec autorité par feu Mira Furlan, la prétendue monologue intérieur de la Sava répète inlassablement un mantra d’affirmation de soi. « Je suis la Sava », dit-elle à plusieurs reprises, avec l’assurance d’une gardienne protectrice. En prêtant une voix à la rivière, le film de Somerville accentue sa présence mythologique, ce qui donne une impression d’unité à un paysage fragmenté.

La sortie de Sava est prévue pour le 21 septembre sur les plateformes numériques.

  • La majestueuse rivière Sava inspire une continuité sereine dans une région divisée
  • Le film de Matthew Somerville suit la rivière depuis Zelenci en Slovénie jusqu’à Belgrade en Serbie
  • Le film aborde des idées complexes sur la nationalité et la migration
  • Il met en évidence la coexistence entre le nationalisme conservateur et la solidarité queer
  • Les conversations intimes témoignent d’une déconnexion face à un avenir incertain
  • La voix de la Sava, narrée par Mira Furlan, renforce sa présence mythologique
  • Sortie du film le 21 septembre sur les plateformes numériques