Aya Nakamura, l’artiste controversée qui défie les préjugés raciaux en France

  • Aya Nakamura, la superstar de la musique française la plus écoutée au monde
  • Les attaques racistes et sexistes contre Nakamura
  • La polémique autour de sa possible performance aux Jeux Olympiques
  • La réaction de la droite extrême et de personnalités politiques
  • Les répercussions sur la perception de la diversité en France

Depuis le début de sa carrière, Aya Nakamura a dû faire face à des obstacles, des discriminations et du harcèlement à chaque étape de son parcours. Pourtant, en tant que superstar de la musique, elle est l’artiste francophone la plus écoutée au monde. Son hit de 2018, Djadja, a atteint près de 1 milliard de vues sur YouTube, tandis que son deuxième album a dépassé 1 milliard de streams sur Spotify en 2021. Lorsqu’elle a annoncé deux concerts à l’arène légendaire de Bercy à Paris l’année dernière, les billets se sont vendus en 15 minutes – un exploit sans précédent pour une artiste francophone.

Pourtant, des difficultés telles que les présentateurs qui peinent à prononcer son nom lors des émissions, ainsi que les débats publics sur sa manière peu orthodoxe d’utiliser la langue française, montrent que la chanteuse française-malienne est constamment jugée non seulement sur sa musique.

Les spéculations dans les médias selon lesquelles le Président Emmanuel Macron aurait demandé à Nakamura de chanter lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris ont déclenché une réaction de la droite extrême, prévisible à bien des égards.

L’anxiété est palpable quant à la préparation de la Ville Lumière pour accueillir les Jeux, gérer les millions de fans attendus dans la capitale et organiser un spectacle d’ouverture spectaculaire qui sera jugé par le monde entier. Dans ce contexte, même une rumeur non confirmée a donné à certains la possibilité d’attiser l’animosité envers une artiste française noire et le droit de se dire française. La suggestion que Nakamura aurait discuté avec le président de chanter un titre d’Edith Piaf a été perçue comme une provocation supplémentaire.

La polémique a été exploitée par des politiciens d’extrême droite, qui ont transformé le débat en une narration outrée sur la façon dont une femme noire des banlieues pourrait s’approprier La Vie en Rose ou tout autre trésor national tel que Piaf. Malgré la condamnation des attaques racistes contre Nakamura par des artistes renommés et le comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris, la chanteuse de 28 ans semblait dépassée par l’ampleur de la vitriol.

Cet épisode met en lumière les préjugés raciaux et sexistes profondément ancrés en France, qui empêchent de nombreux Français, y compris ceux qui n’admettent pas être racistes, d’imaginer la France représentée par une personne de couleur.

La controverse autour de Nakamura confirme à quel point la France est réticente à accorder aux personnes de couleur le statut qu’elles méritent.