Les contributions méconnues des troupes africaines de la France pendant la guerre sont à nouveau mises en lumière dans ce nouveau drame, après avoir été portées à l’écran dans le bouleversant film de Rachid Bouchareb, « Indigènes », en 2006. Cette fois, le film s’intéresse au corps sénégalais plutôt qu’aux troupes maghrébines, et l’industrie cinématographique a évolué suffisamment pour avoir une véritable superstar de cette origine en tête d’affiche, en la personne d’Omar Sy. Lors de sa sortie en France, Sy a été vivement critiqué par la presse pour avoir suggéré que l’Occident accordait une attention disproportionnée aux conflits proches de chez lui, comme la guerre en Ukraine, plutôt qu’à ceux du Sud global. Ce film timide et insuffisamment dramatisé aurait pu profiter de cette audace.

Omar Sy incarne Bakary, un berger peul qui est enrôlé de force dans les rangs de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, aux côtés de son fils Thierno. Terrifié pour son enfant, il cherche rapidement une solution pour le soustraire au front et lui obtenir un emploi en sécurité à l’arrière. Mais Thierno contrecarre ses plans en se faisant apprécier du lieutenant Chambreau, qui le promeut. Chambreau, atypiquement non raciste et égalitaire, inspire néanmoins la méfiance en raison de son obsession suicidaire de prendre une colline voisine pour impressionner son père général.

Le réalisateur Mathieu Vadepied, précédemment directeur artistique du succès retentissent d’Omar Sy, « Intouchables », s’en sort avec la scène incontournable de la charge des tranchées. Mais il y a une qualité hésitante et fatale dans la narration ici, avec peu de sens de qui sont réellement Bakary et Thierno en tant qu’individus et de ce qu’ils ressentent face à leur épreuve forcée. Le film donne également une impression de flou géographique, avec un fennec d’Afrique du Nord inexplicablement présent à un moment donné en France métropolitaine, tandis que le dynamique Sy est coincé dans une sorte de limbe inattentif. (Le têtu Diong, autorisé par l’armée à défier l’autorité de son père, s’en sort mieux.)

Encore plus étrangement, pendant la majeure partie du film, il n’y a qu’une expression brève et atténuée de l’indignation face à l’exploitation coloniale. Lorsque Vadepied aborde enfin la question de la raison pour laquelle les sacrifices des soldats noirs pour la patrie ont été occultés, c’est de manière oblique et presque déférente, ce qui ne correspond pas au questionnement très sérieux sur l’héritage colonial de la France qui a lieu dans le monde réel. C’est une occasion manquée.

Points importants de l’article :
– Les contributions méconnues des troupes africaines françaises pendant la guerre sont à nouveau mises en lumière.
– Omar Sy incarne Bakary, un berger peul enrôlé de force dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale.
– Le réalisateur Mathieu Vadepied, précédemment directeur artistique d’Omar Sy, ne parvient pas à donner une dimension satisfaisante à l’histoire.
– Le film manque d’une réflexion approfondie sur l’exploitation coloniale et sur les sacrifices des soldats noirs pour la patrie.
– « Father and Soldier » sortira le 6 octobre à Ciné Lumière à Londres.