Martin Scorsese offre un traitement des plus respectueux et collaboratifs à la tribu Osage pour Killers of the Flower Moon, un changement radical pour le célèbre réalisateur.

Les sensibilités des minorités ethniques n’ont jamais été une préoccupation majeure pour Martin Scorsese, mais sa récente collaboration avec la nation tribale Osage pour son film Killers of the Flower Moon a abouti à une approche radicalement différente et intéressante pour le réalisateur. Cela ne pourrait pas être possible d’autre manière, car l’histoire sinistre des assassinats des Osage est un exemple emblématique de la cupidité des nouveaux arrivants, de la manipulation de la loi et de l’inhumanité glaciale, un récit qui donne encore des frissons aujourd’hui. Scorsese a délaissé l’approche du polar traditionnel pour extraire soigneusement une tranche de drame humain, se concentrant sur l’histoire de Mollie Kyle et de son mari Ernest Burkhart, qui ont réussi à survivre aux meurtres. Ce choix a conduit à un film de longue durée, traitant en détail de leur relation et de l’ambivalence qui les caractérise, mais le film réussit à porter cette durée exceptionnelle avec légèreté. Scorsese utilise cette relation comme fil conducteur pour comprendre l’ensemble de l’histoire, même si cela se fait au détriment de la représentation de l’ampleur et de l’horreur des meurtres.

Le film offre une riche dramaturgie caractérielle, en offrant des rôles captivants à Leonardo DiCaprio, Lily Gladstone et Robert De Niro. Scorsese parvient à équilibrer habilement les histoires principales ainsi que l’élément de la détection du crime, tout en soulignant l’importance de la représentation culturelle et en offrant une leçon de représentation cinématographique de qualité.