La dirigeante d’extrême droite française Marine Le Pen exprime son soutien à Israël à la suite des attaques du Hamas, ce qui est perçu comme une tentative de se débarrasser du passé antisémite de son parti, le Rassemblement National, avant les élections présidentielles de 2027. En tant que principal parti d’opposition au parlement français et favori dans les sondages pour les prochaines élections européennes, le Rassemblement National soutient fermement le droit d’Israël à se défendre depuis les attaques du Hamas le 7 octobre et les bombardements qui ont suivi à Gaza. Marine Le Pen a été applaudie par les parlementaires de la droite traditionnelle et du centre lors de son discours condamnant les « pogroms sur le sol israélien » et critiquant le parti de gauche La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour sa position « intolérable » de ne pas classer le Hamas comme un groupe terroriste.

En se préparant à se présenter pour la quatrième fois à la présidentielle de 2027, Marine Le Pen et son parti anti-immigration promettent de protéger les Juifs français contre ce qu’ils considèrent comme le plus grand danger : l’islamisme. Jordan Bardella, président du parti, a déclaré à la radio française : « Pour de nombreux Juifs français, le Rassemblement National est un bouclier contre l’idéologie islamiste ».

La France est très sensible au conflit au Moyen-Orient, avec une communauté d’environ un demi-million de Juifs, la plus importante en dehors d’Israël ou des États-Unis, et plus de 800 incidents antisémites enregistrés par la police depuis octobre. La France compte également la plus grande communauté musulmane d’Europe.

Le soutien de Marine Le Pen à Israël est perçu par certains commentateurs comme une véritable opportunité politique. Elle cherche depuis longtemps à « normaliser » son parti et à s’en éloigner de son passé antisémite, considéré comme un frein à ses nouvelles ambitions politiques. En 2015, Marine Le Pen a exclu son père, Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti, après qu’il ait réitéré des propos minimisant l’Holocauste, ce qui lui a valu plusieurs condamnations. Elle a ensuite changé le nom du parti de Front National en Rassemblement National.

Un geste hautement symbolique, plusieurs parlementaires de Marine Le Pen ont participé à une marche à Paris en octobre aux côtés de groupes juifs en soutien à Israël. Cela marque un changement radical par rapport aux années précédentes. En 2018, Marine Le Pen avait tenté de participer à une marche commémorant le meurtre antisémite de Mireille Knoll, une retraitée juive, mais elle avait dû s’effacer après les commentaires de certains manifestants. Bien que Marine Le Pen n’ait pas personnellement participé à la marche en faveur d’Israël, plusieurs politiciens du Rassemblement National membres du groupe d’amitié France-Israël du parlement ont discrètement pris part à cette manifestation. Yonathan Arfi, président du Crif, la principale organisation juive de France, a déclaré à Le Monde qu’il combattrait le Rassemblement National lors de l’élection présidentielle de 2027 et qu’il ne les avait clairement pas invités ou échangé avec eux de manière à les légitimer, mais que la rue était ouverte à tous.

Les groupes juifs continuent à exprimer leurs préoccupations concernant le parti d’extrême droite anti-immigration, notamment sur des questions de politique telles qu’une éventuelle interdiction de l’abattage rituel, y compris pour les aliments casher, et sur la question de savoir si les Juifs doivent être autorisés à porter des kippas en public.

Marine Le Pen et son parti ont longtemps été critiqués pour leurs positions sur l’antisémitisme, mais elle tente de se démarquer de son père et du passé antisémite du parti afin de s’élargir son électorat et de normaliser son parti. Cependant, certains critiques estiment que son soutien à Israël est opportun et stratégique, plutôt qu’une véritable conviction. Les années d’attaques terroristes en France ont conduit le Rassemblement National à se concentrer de plus en plus sur l’islamisme.

Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire de la politique radicale à la Fondation Jean-Jaurès de Paris, affirme que la brutalité des événements récents sert la stratégie de normalisation de Marine Le Pen, qui se positionne contre Mélenchon et courtise une nouvelle génération d’électeurs.

Cécile Alduy, professeure à l’Université Stanford spécialiste du parti de Marine Le Pen, estime que le parti a toujours soutenu l’existence d’Israël, mais qu’il a récemment ciblé l’antisémitisme supposé des immigrants d’origine musulmane afin de jouer sur la protection de la communauté juive.

Il est noté que Marine Le Pen ne soutient pas un cessez-le-feu et n’appuie pas l’idée d’un corridor humanitaire, tandis que certains de ses députés qualifient les victimes palestiniennes de « dommages collatéraux » nécessaires pour éliminer totalement le Hamas.

En conclusion, Marine Le Pen essaie de se défaire de l’image antisémite du passé de son parti pour gagner en légitimité et endosser un rôle de protectrice de la communauté juive face à l’islamisme. Cependant, certains critiques restent inquiets quant aux positions et politiques réelles du Rassemblement National en ce qui concerne le judaïsme et Israël.

Liste des points importants de l’article :
– Marine Le Pen soutient Israël après les attaques du Hamas
– Tentative de normalisation du parti Rassemblement National
– Lutte contre l’antisémitisme et l’islamisme
– Concerne la plus grande communauté juive en dehors d’Israël ou des États-Unis
– Problèmes actuels liés à l’immigration et à l’islamisme
– Soutien controversé de Marine Le Pen à Israël
– Critiques persistantes concernant la position du parti sur le judaïsme et Israël.