Macron critique la stratégie militaire d’Israël

Emmanuel Macron a intensifié ses critiques de la stratégie militaire d’Israël, affirmant que son objectif déclaré d’éliminer le Hamas pourrait prendre une décennie et attiser « le ressentiment de l’opinion publique dans toute la région ».

Les principaux points de l’article sont :

  • Macron critique la stratégie militaire d’Israël
  • Il met en garde contre l’élimination du Hamas
  • Les critiques de Macron pourraient aliéner Israël

Dans sa mise en garde la plus forte à ce jour, le président français a déclaré le week-end dernier que les autorités israéliennes devaient « définir plus précisément » leurs objectifs à Gaza, ajoutant que la réponse appropriée à un groupe terroriste n’était pas « de bombarder l’ensemble des capacités civiles ».

« Nous sommes à un moment où les autorités israéliennes devront définir plus précisément leur objectif et l’état final souhaité. La destruction totale du Hamas, qu’est-ce que c’est et est-ce que quelqu’un pense que c’est possible? Si c’est le cas, la guerre durera 10 ans, et je ne pense pas que quiconque sache sérieusement définir cet objectif », a déclaré Macron alors que la deuxième phase de l’offensive israélienne commençait.

S’exprimant à la conférence sur le climat Cop28 à Dubaï, il a ajouté : « La bonne réponse contre un groupe terroriste n’est pas d’éliminer un territoire entier ou de bombarder l’ensemble des capacités civiles. »

« Il n’y a pas de sécurité durable pour Israël dans la région si sa sécurité se fait au détriment des vies palestiniennes et donc du ressentiment de l’ensemble de l’opinion publique dans la région. »

Les remarques, qui renforcent les préoccupations que Macron avait exprimées pour la première fois lors d’une interview à la BBC il y a trois semaines, pourraient susciter des critiques de la part de ceux qui disent que sa politique au Moyen-Orient a été erratique et qu’il a perdu du terrain dans la région en conséquence.

Macron a tenu une série de réunions ces derniers jours avec des dirigeants arabes clés, dont son homologue égyptien, Abdel Fatah al-Sisi, et le roi Abdullah II de Jordanie. À Doha samedi, il a rencontré l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, qui lui a dit que le cessez-le-feu de sept jours qui a pris fin vendredi ne devrait pas être ravivé à court terme.

Une réunion du Conseil de coopération du Golfe mardi testera si cette poussée diplomatique a permis au CCG de formuler un plan pour la région, au-delà de l’appel à un cessez-le-feu. Les dirigeants du CCG sont dans une impasse, réticents à prendre des mesures concrètes contre Israël ou à critiquer ouvertement le leadership américain.

Les partisans de Macron ont déclaré que ses opinions ont évolué à mesure que la campagne de bombardements israéliens se déroulait et que des questions se posaient sur ce qu’il adviendrait le jour après la défaite du Hamas.

Dans une tentative de définir la politique française, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, ont rédigé un texte commun pour défendre la position de la France.