La première usine de batteries de voitures électriques de France a été inaugurée dans la région minière historique du pays dans le cadre du plan de «réindustrialisation» d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’Industrie, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, et le ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, ont assisté à l’inauguration de la gigafactory de l’Automative Cell Company (ACC) à proximité de Lens, considérée comme la première étape de la France pour concurrencer la domination de la Chine dans le secteur. ACC appartient à parts égales à TotalEnergies, Jeep fabricant Stellantis et Mercedes-Benz et a reçu un paquet d’aides d’État de 1,3 milliard d’euros de la France, de l’Allemagne et de l’Italie.

Le plan de 7 milliards d’euros prévoit la construction d’une série de nouvelles installations dans ces pays. La première usine de Lens, qui commencera sa production cet été, devrait créer à terme 2 000 emplois – dont 400 cette année – et produire 800 000 batteries par an. C’est la première des trois usines prévues en Allemagne et en Italie.

La région du nord de la France, à moins de 40 miles de la côte britannique, touchée par le déclin industriel, a été nommée «Battery Valley». Plus tôt ce mois-ci, le fabricant taïwanais de batteries ProLogium a choisi Dunkerque dans la même région pour sa première installation étrangère.

Macron espère créer des milliers d’emplois en encourageant les entreprises à investir dans de nouvelles usines. La vallée des batteries bénéficie du soutien enthousiaste du président français, qui a dévoilé ce mois-ci une série de mesures écologiques et de crédits d’impôt – y compris des subventions pour les véhicules électriques (VE) – visant à attirer des milliards d’euros de nouveaux investissements pour «réindustrialiser» la France, créer des emplois et augmenter la production manufacturière de 10 % à 15 % de la production économique du pays.

En revanche, il a été signalé que la Grande-Bretagne perdait la course à la batterie de voitures électriques. Plus tôt ce mois-ci, trois grands constructeurs automobiles – Ford, Jaguar Land Rover et Stellantis – ont demandé au gouvernement britannique de renégocier l’accord Brexit, affirmant que certains éléments menaçant l’avenir de l’industrie automobile du pays. Britishvolt, une start-up qui espérait construire une gigafactory à Blyth en Northumberland, a fait faillite plus tôt cette année.

La France vise l’autosuffisance dans la production de batteries de véhicules d’ici 2027. Les experts estiment que le défi pourrait être entravé par la domination de la Chine dans l’extraction et la production d’éléments de nickel, de cobalt et de manganèse essentiels aux batteries lithium-ion. L’UE interdira la vente de nouveaux véhicules essence et diesel à partir de 2035.

Les représentants syndicaux français étaient moins enthousiastes et ont souligné que tous les gains d’emploi prévus seront compensés par la perte d’emplois dans une usine voisine produisant des moteurs de véhicules à essence, diesel et hybrides qui doit fermer d’ici 2025, mettant 1 200 personnes au chômage.