Titus Kaphar’s debut film « Exhibiting Forgiveness » Makes a Mark at Sundance

Les récits de membres de famille éloignés qui trouvent leur chemin de retour l’un vers l’autre ont longtemps été une constante fiable à Sundance, un sous-genre en soi et qui peut devenir un peu lassant par la suite. Cependant, Titus Kaphar, artiste devenu cinéaste, avec son premier film « Exhibiting Forgiveness », présenté dans la compétition dramatique principale ici, parvient à trouver un moyen authentique et sensible de se démarquer des histoires superficiellement similaires.

Voici les points importants à retenir de l’article:

  • L’œuvre d’art comme thérapie pour Kaphar
  • La présentation d’un drame émotionnel déchirant
  • La question du pardon radical
  • Le talent d’André Holland et son potentiel aux Oscars
  • Le réalisme des acteurs Aunjanue Ellis-Taylor et John Earl Jelks

Pour Kaphar, il s’agit d’un travail thérapeutique, une manière de traiter une relation tendue avec son propre père, basée sur une conversation enregistrée qu’ils ont eue après 15 ans sans contact. Travailler sur ses propres épreuves en tant qu’autofiction peut souvent conduire à l’indulgence, mais Kaphar a créé quelque chose qui mérite d’exister en dehors de son cercle intérieur, un drame émotionnel déchirant qui résonnera avec ceux qui ont également dû affronter l’équation compliquée du pardon radical.

Le film aborde les questions troublantes auxquelles Kaphar refuse de donner des réponses simplistes, comme la façon de faire la paix avec les bonnes choses dont un mauvais parent pourrait être en partie responsable, et comment on apprend à faire taire les pires aspects de leur influence dans notre esprit, si c’est vraiment possible. Kaphar permet à des moments difficiles de s’attarder alors que Tarrell exprime ses angoisses, craignant de ne jamais pouvoir trouver son chemin à travers ce labyrinthe émotionnel ardu.

Un élément important du film est le talent d’André Holland, qui incarne avec brio ce personnage tourmenté, avec des moments électrisants et une explosion finale d’émotion qui le place dans la course aux Oscars de l’année prochaine. Quant à ses parents, Ellis-Taylor et Jelks sont également superbes, avec des confrontations intimes jouées avec une telle authenticité qu’on se croirait au théâtre.

En tant que réalisateur débutant avec un bagage dans les arts visuels, Kaphar se révèle être un cinéaste rafraîchissamment retenu, évitant les artifices visuels et n’intégrant ses véritables tableaux que lorsque le film l’exige. Il comprend l’importance d’utiliser son art pour démêler les nœuds d’une enfance troublée, mais évite toute forme de déclaration prétentieuse. Le travail parle de lui-même sans qu’il ait besoin de le faire lui-même. Cependant, en tant que scénariste, Kaphar commet quelques erreurs en cours de route, avec un excès de mélodrame vers la fin, des stéréotypes plutôt grossiers du monde de l’art et des dialogues un peu maladroits. Malgré tout, le film se termine par une finale prenante qui rassemble tous les fils émotionnels tout en refusant la fin heureuse conventionnelle à laquelle nous nous attendons, montrant ainsi que le pardon est plus difficile que cela et que son film refuse de simplifier les choses.