Un film sur l’Holocauste
Dans le film de Jonathan Glazer, « The Zone of Interest », adapté librement du roman de Martin Amis, une blague satanique unique traverse l’écran de cinéma. Bien que techniquement brillant, ce film sur l’Holocauste est peut-être pas totalement sous contrôle de son mauvais goût intentionnel. Le film pose la question sur l’existence d’une vie paisible pour les Allemands alors que la génocide prenait place et comment le mal a pu fleurir dans le cadre du monde de « nuit silencieuse, nuit sainte, gemütlichkeit», selon George Steiner.
- Le film imagine la pure félicité bucolique vécue par le commandant du camp d’Auschwitz, Rudolf Höss, qui vit avec sa famille dans une maison de famille magnifiquement aménagée avec des domestiques juste à l’extérieur du mur bordé de barbelés.
- Comment ont-ils pu vivre dans un tel déni alors que des cris, des coups de feu et des fusillades étaient constamment audibles de l’autre côté du mur ?
- Leur vie de famille continue dans toute son incroyable dysfonctionnement, avec les enfants qui ont des nourrices, les épouses nazies qui bavardent, la mère d’Hedwig qui est accueillie dans la maison.
- Le film tente de rendre hommage aux témoignages juifs, bien que la séquence finale de la visite au musée Auschwitz-Birkenau puisse être considérée comme une perte de courage.
Le film est, à certains égards, dans la tradition de la représentation de l’horreur de manière indirecte, comme dans le travail de Claude Lanzmann et de Michael Haneke. Cependant, il peut être questionné si le film parvient à se concentrer sur le mal qui crée sa propre banalité.
