Liste des points importants de l’article :

  • Le film Mean Streets de Martin Scorsese est réédité pour son 50e anniversaire.
  • Le film s’inspire des films de gangsters des studios Warner Brothers, du film I Vitelloni de Fellini, de Breathless de Godard et de Brighton Rock des frères Boulting.
  • Il s’agit d’un film urbain ultraviolent qui se déroule autour de la fête annuelle de San Gennaro, dans le quartier de Little Italy à Manhattan.
  • Le film présente la perspective ordinaire de la mafia, contrairement à The Godfather de Coppola.
  • Le personnage principal, Charlie, est un jeune homme lié à la mafia italienne.
  • Le film aborde les thèmes du péché, de la dette et de la mort.
  • Les personnages principaux sont des individus marginaux impliqués dans des activités criminelles.
  • Johnny Boy est un personnage irresponsable qui doit beaucoup d’argent à Michael.
  • Charlie entretient également une relation secrète avec la cousine de Johnny Boy, Teresa.
  • Le film est composé de scènes et de séquences remarquables qui se déroulent dans le cadre de la fête dans les rues.
  • La bande-son du film est composée de classiques pop et rock qui renforcent l’atmosphère tragique du film.
  • La galerie de visages des personnages du film est mémorable.

Sin and shame sont les forces motrices du premier film explosif de Martin Scorsese, sorti en 1973 et réédité pour son 50e anniversaire. C’est un film urbain ultraviolent qui s’élève des rues de Little Italy, dans le Lower Manhattan, pendant la fête annuelle de San Gennaro. Ce film captivant, sensuel et dangereux rappelle les films de gangsters des studios Warner Brothers, I Vitelloni de Fellini (1953), Breathless de Godard (1960) et même Brighton Rock des frères Boulting (1948). Toutefois, il s’inscrit dans une tradition opposée à celle du film sensationnel de mafia The Godfather réalisé un an auparavant par Francis Ford Coppola. Mean Streets est un excellent exemple de la perspective ordinaire de la mafia qui a conduit à GoodFellas de Scorsese et à The Sopranos de David Chase, des histoires de petites frappes et de leur vie quotidienne.

Le personnage central est Charlie (interprété par Harvey Keitel), un exécutant de la mafia qui est le neveu du redouté mafioso Giovanni (Cesare Danova), un immigré italien de première génération qui exerce une autorité froide et sacerdotale sur le jeune homme. Charlie est sur le point de devenir le gérant d’un restaurant dont le propriétaire d’origine n’a pas payé une dette envers la mafia. Charlie est un homme élégant, comme le sera un homme d’honneur, et sa piété ainsi que son obsession tourmentée pour St. Francis, la punition et l’enfer lui ont valu le surnom de « Saint Charles ».

Mais le personnage le plus désagréable et pathétique de tous est Johnny Boy, magnifiquement interprété par Robert De Niro, un jeune homme fou et irresponsable qui agace tout le monde, en particulier Michael, menaçant de lui devoir 3 000 dollars. Seule l’amitié de Johnny avec Charlie l’a jusqu’à présent protégé d’une raclée ou d’un meurtre, et Charlie a une affection protectrice et sentimentale pour ce jeune homme du quartier. Il n’a pas l’intention christique de prendre à son compte les dettes de Johnny, mais ce dernier, souriant et exaspérant, pense clairement que son ami Charlie obtiendra de son oncle gangster tout-puissant l’annulation de sa dette. De plus, Charlie entretient en secret une relation amoureuse avec la cousine de Johnny, Teresa, ce qui déplaît à Giovanni en raison de sa condition d’épilepsie soigneusement cachée. Johnny Boy laisse même entendre qu’il pourrait révéler cette relation à Giovanni pour faire du chantage à Charlie.

Le film enchaîne les scènes et les séquences avec une facilité miraculeuse, et les scènes animées de la fête dans les rues sont brillamment réalisées. La bande-son de Scorsese, composée de classiques pop et rock, confère à chaque image une puissance tragique et sensuelle. Des choses extraordinaires surviennent de nulle part : Tony, par exemple, révèle qu’il garde une panthère en cage à l’arrière de son bar. Pourquoi ? Comment ? Nous ne le savons jamais. Lorsqu’un homme ivre (caméo de David Carradine) semble insulter Mario (Victor Argo), un homme lié à la mafia, dans le même bar, un jeune neveu (Robert Carradine) suit l’homme aux toilettes et lui tire dessus avec son revolver. Il s’agit d’un acte surréaliste, chaotique et sordide qui semble impuni et se dissipe dans l’air au moment où les consommateurs terrifiés se dispersent avant l’arrivée de la police. Mais Giovanni décrète que si ce garçon peut être envoyé en secret à Miami, il réglera tout, renforçant ainsi la dangereuse conviction de Johnny Boy selon laquelle Giovanni et Charlie le sortiront de cette situation.

Au final, ce sont les visages qui marquent la mémoire après avoir visionné Mean Streets : Johnny Boy, Tony, Michael, Joey, Teresa, grimaçants, grondeurs, suppliant dans l’obscurité. Ils apparaissent rarement en plein jour. Après avoir vu le film, cette galerie de visages est ce que je vois lorsque je ferme les yeux.

Mean Streets sort en salles britanniques et irlandaises le 13 octobre et est disponible sur les plateformes numériques à partir du 20 novembre.