Une chasse à l’homme poignante et oppressante avec le film « Joram »

Le troisième long métrage de Devashish Makhija est loin des thrillers qui accumulent la tension progressivement. L’histoire de Dasru, interprété par Manoj Bajpayee, est empreinte d’une oppressivité presque douloureuse. Pris au piège de la société, Dasru peine à agir, tandis que son poursuivant, Ratnakar (Mohammed Zeeshan Ayyub), est tout aussi perdu. Dans cette cocotte-minute sociétale, seule la compassion de Makhija pour les marginalisés offre une certaine compensation.

Dasru, un membre tatoué des « castes programmées » de l’État oriental de Jharkhand, vit en exil à Mumbai en tant que travailleur. Lorsque Phulo Karma (Smita Tambe), une chef tribale de la même région, débarque sur son chantier de construction pour faire campagne, elle le reconnaît comme un ancien rebelle luttant contre l’appropriation des terres locales par la société minière de fer de son mari. Dasru découvre sa femme Vaano (Tannishtha Chatterjee) sauvagement assassinée, l’obligeant à fuir dans les rues avec sa fille Joram, âgée de trois mois.

Dasru se dirige vers sa région natale de Jharkhand, suivi par Ratnakar. Mais la poursuite est chaotique, avec des scènes qui semblent désorganisées et improvisées. Makhija filme le désordre urbain, et plus tard adopte une approche satirique pour souligner le thème du « progrès » qui empiète sur la vie rurale.

Cette lutte entre le modernisme et la tradition garde toujours un œil sur un horizon mythique. Tambe incarne une magnate vengeresse, et Ayyub est convaincant dans son rôle de Ratnakar empathique. Mais c’est Bajpayee qui, muet pour la plupart, tient le rôle principal avec réalisme, comme un réfugié fuyant, dans une supplique en faveur des dépossédés de l’Inde.

Points importants à retenir :

  • Devashish Makhija crée un thriller poignant et oppressant avec « Joram ».
  • Le film met en lumière la lutte de Dasru, un travailleur exilé à Mumbai, pour échapper à une société oppressive.
  • La poursuite chaotique de Dasru vers sa région natale est filmée de manière improvisée, soulignant le thème du conflit entre modernité et tradition.
  • Les performances de Smita Tambe, Mohammed Zeeshan Ayyub et Manoj Bajpayee apportent une profondeur émotionnelle au film.
  • « Joram » sera en salles à partir du 8 décembre.