La scène urbaine de Belo Horizonte, une ville densément peuplée du sud-est du Brésil, est ornée de tatouages à grande échelle, de fresques colorées et de graffitis. Le documentaire poignant de Marcos Pimentel, composé principalement de plans statiques, crée un tapisserie impressionnante d’expression artistique et de résistance révolutionnaire.

Impressionnantes par leur taille, ces œuvres d’art urbain s’étendent de portraits kaléidoscopiques à des tableaux vivants fabuleusement surréalistes. Pour certains passants, ces images majestueuses ne servent qu’à prendre des selfies amusants. Cependant, le film de Pimentel jette un regard plus attentif, s’attardant sur les mots peints qui expriment un désir d’amour et d’intimité. Ces manifestations de désir privé coexistent avec des slogans de protestation réclamant la démission de Jair Bolsonaro et condamnant la police. En mêlant le personnel et le politique, le film de Pimentel considère l’art de rue comme une forme cruciale de militantisme politique à une époque où les voix dissidentes sont cruellement réprimées.

Écho de ce désir collectif de changement, la bande-son ambiante du film cède progressivement la place aux sons des manifestations anti-Bolsonaro, dont les chants féroces entourent le paysage urbain comme un appel à se réveiller. Les cris réclamant justice pour Marielle Franco, une conseillère municipale brésilienne assassinée en raison de ses opinions franches, sont accompagnés de murales émouvantes rendant hommage à son héritage.

Outre leur puissance en tant que moyen de diffusion de pensées créatives et politiques, ces œuvres d’art deviennent également un moyen d’archive culturelle, témoignant de la violence autorisée par l’État, de l’inégalité des richesses et d’actes brutaux d’oppression. Tourné pendant le mandat de Bolsonaro, la scène finale de destruction des murs de graffiti peut sembler être une sinistre démonstration de destruction ; cependant, en tenant compte de l’élection de 2022 au cours de laquelle Bolsonaro a été destitué par Luiz Inácio Lula da Silva, ces images acquièrent un nouvel optimisme, annonçant une renaissance pleine d’espoir pour la nation.

Le film Skin sera disponible à partir du 10 novembre sur True Story.