In Lagos, les embouteillages sont aussi courants que l’eau pour les poissons. C’est donc sur ce sujet brûlant que porte ce drame nigérian, axé autour d’un projet de métro léger mené par l’investisseur privé Folarin. Over the Bridge s’inscrit dans un cadre habituel dans le Nollywood qui célèbre les valeurs de la classe moyenne, mais il jette également un regard scrutateur sur les pratiques commerciales corrompues et met en lumière la santé mentale.

  • Folarin, le « golden boy » du métro léger, est en train de devenir un paria. Son projet tant attendu est en panne, entravé par des problèmes financiers. Avant de le proposer aux investisseurs internationaux, il est sous pression de son chef Michael pour combler un déficit de 16 millions de dollars causé par des transactions douteuses avec des sous-traitants.
  • Sous pression, Folarin montre des signes de fissure. Il se détache lors des conférences de presse, boit en cachette au travail et manque des rendez-vous de fertilité avec sa femme Jumoke.
  • Le réalisateur Tolu Ajayi, dans ses débuts cinématographiques, décrit de manière détaillée ces manœuvres corporatives, en insistant sur la pression sociale pour obtenir des pots-de-vin illégaux, ce qui mine le progrès du pays et l’intégrité personnelle de ses habitants.
  • Mais cette minutie coexiste de manière maladroite avec une trame familière de mélodrame nigérian, avec Kevin, l’assistant de Folarin, devenant une victime collatérale de la restructuration, puis Folarin lui-même disparaissant et réapparaissant avec une amnésie dans un village côtier, tel un fugitif d’un feuilleton du XIXe siècle.
  • Heureusement, Agu offre une prestation justement retenue dans le rôle de Folarin, son visage transpirant l’anxiété. Malgré les coups de pinceau hystériques du film, Ajayi fait preuve d’intrigue et d’intelligence dans ses choix de montage, entrecoupant souvent les scènes pour accentuer la désintégration de Folarin et en utilisant des bandes noires pour donner une impression d’irréalité à la partie côtière.
  • La rénovation en milieu rural est un thème universel, tandis que le courant surnaturel de la vie en dehors de la grande ville est propre au Nollywood. Mais ici, Ajayi utilise le cliché pour suggérer l’impératif moral qui devrait guider les citadins offrant le progrès à l’arrière-pays. Son approche consciencieuse est un souffle d’air frais.
  • Over the Bridge sera diffusé le 18 octobre dans certains cinémas du Royaume-Uni.