Le Corbusier à Marseille: un projet controversé

Aujourd’hui en France, Le Corbusier, connu professionnellement, est à l’apogée de sa carrière. Son nouveau projet de logement à Marseille a suscité plus d’opposition déterminée que tout ce qu’il a jamais construit ou essayé de construire auparavant. Ce n’est pas un homme à reculer devant la controverse publique, et il n’a pas conçu ses dernières et, de certaines manières, ses plus audacieuses conceptions pour calmer les craintes de ses critiques ou prévenir leurs attaques. Les théories architecturales innovantes de Le Corbusier n’ont jamais été acceptées immédiatement ou sans réserve. Dans le monde entier, il a dû défendre sa réputation de l’un des chefs de file reconnus de l’architecture moderne dans de vifs débats publics avec ses détracteurs et souvent avec ses employeurs. En fait, dans son propre pays, il est confronté aux critiques les plus féroces et bénéficie du plus de soutien enthousiaste de toute sa carrière.

  • Le Corbusier’s « communauté verticale »
  • Conception du projet
  • Controverses et opposition
  • Soutien du ministre de la Reconstruction

Ce que Le Corbusier appelle sa « communauté verticale » ressemblera davantage à une ville qu’à un immeuble d’appartements. Située au milieu de huit acres de jardins, elle abritera 1 600 personnes dans 330 appartements séparés. Un centre commercial occupera un étage entier, comprenant des commerces alimentaires, une pharmacie, une blanchisserie, un bureau de poste, un tabac, un coiffeur, un fleuriste et un marchand de journaux. De nombreuses autres commodités seront disponibles sur le toit: piste de course de 330 mètres, « solarium », gymnase, piscine, crèche et club de jeunesse. Les 27 étages du bâtiment seront soutenus, à 23 pieds du sol, sur 36 pylônes en béton, et la structure entière mesurera 455 pieds de long, 80 pieds de large et plus de 200 pieds de haut.

  • Concept de « porte-bouteilles »
  • Caractéristiques de chaque appartement
  • Philosophie de Le Corbusier
  • Controverses et opposition

Dans cette communauté verticale, Le Corbusier ne vise pas seulement à fournir un maximum de confort matériel ; en fait, l’ensemble du projet incarne et illustre sous forme concrète les résultats de toute son expérience et de toute sa théorie architecturale. Pour lui, sa valeur réside dans sa contribution à la réalisation de sa propre philosophie de la vie et du bonheur. Il est fermement convaincu qu’une maison n’est pas seulement un endroit où un homme peut manger et dormir – un homme a besoin d’un vrai foyer, un lieu où il peut se détendre, cultiver son corps et son esprit sans perdre le contact avec la nature. Il croit que, à Marseille, sa communauté verticale peut répondre à ces besoins.

  • Réception et critiques
  • Intervention du ministre de la Reconstruction
  • Résistance et obstacle futurs

C’est sur ce point précis que beaucoup de critiques de Le Corbusier, y compris certaines autorités publiques, sont en désaccord avec lui. Mais ce n’est que lorsque le bâtiment atteignit sept étages que les premières protestations furent soulevées. Le Comité d’Hygiène Publique, chargé de faire respecter les réglementations sanitaires et de construction, ordonna un arrêt immédiat des travaux. En raison de la possible panne de ces systèmes, l’opposition prétendit que la vie des habitants était en danger.

  • Lutte contre l’opposition
  • Intervention ministérielle
  • Réponse de Le Corbusier aux critiques

Les rapports du comité furent envoyés au Ministère de l’Intérieur, qui les a adressés à M. Eugène Claudius-Petit, Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, qui a immédiatement décidé de régler la controverse. Il a assumé la responsabilité lui-même et s’est rendu directement à Marseille le 5 décembre. Son commentaire improvisé en voyant les premiers étages de la communauté verticale fut: « c’est formidable ». Plus tard, il a exprimé le même avis, de manière plus formelle, dans un discours à la fin de sa visite.

  • Arrivée du ministre et prise de position
  • Influence positive et décision finale

Le Corbusier est convaincu qu’il devra surmonter d’autres obstacles avant que son travail ne soit terminé – il sait que d’autres réglementations seront invoquées contre lui. Mais tout ce qu’il dit est: « Je surmonterai tous les obstacles, je vais ignorer les réglementations. Moi, je suis un constructeur et je construis. Car c’est mon travail qui donnera naissance à de nouvelles réglementations. »