A l’occasion du festival de la ville de Dumbéa, qui se déroule chaque année dans la région de Nouvelle-Calédonie, plus de 8 400 œufs, 25 kg de saucisses de venaison et 14 bouteilles de sel et de poivre ont été utilisés pour préparer une immense omelette. Le but de cet événement est de rassembler les habitants d’une région souvent divisée. « Il est important d’avoir des événements comme celui-ci. La gigantesque omelette est un symbole de partage », explique la vétéran chef Reine Chenot. Vêtue d’un uniforme blanc impeccable, d’un chapeau haut et d’un ruban rouge vif qui la désigne comme « le maître », elle supervise une équipe bien formée de 14 chefs et de quelques volontaires pour nourrir des milliers de personnes.

Ce festival, qui prend traditionnellement place le premier week-end après Pâques, a été introduit en 1984 par une Nouvelle-Calédonienne, Madame Radotin. Elle espérait que cette tradition française rassemblerait la communauté locale pendant une période de division politique extrême, marquée notamment par l’assassinat du leader indépendantiste Louis Tjibaou. Le titre de « chevalier » est décerné aux nouveaux chefs lorsqu’ils prêtent serment de respecter les traditions de la gigantesque omelette.

Les œufs sont cassés à la chaîne par les chefs avant d’être mélangés à l’aide d’outils de puissance. Une fois le mélange prêt, les chefs ajoutent 14 bouteilles de sel et de poivre. Une fois la préparation terminée, 25 kg de saucisses de venaison sont ajoutés à l’omelette, un ingrédient qui la rend unique. Après 45 minutes, 3 000 portions d’une omelette parfumée sont servies à la foule.

Pour Martin Hyaleyap, un Kanak originaire de Nouvelle-Calédonie, cet événement donne de l’espoir pour l’avenir du pays. « J’aime ce festival de l’omelette parce qu’il rassemble les gens… Nous ne connaissons pas l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, qu’elle soit indépendante ou pas, cette festivité montre à tout le monde que la Nouvelle-Calédonie peut faire quelque chose ensemble », explique-t-il.

Le festival de l’omelette géante est devenu de plus en plus important au fil des ans et symbolise l’importance du partage et de la collaboration entre les différentes communautés de Nouvelle-Calédonie.

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