Un regard intimiste sur la vie des gardes maritimes

Le documentaire de Gregoris Rentis est divisé en trois chapitres et suit le parcours de trois gardes maritimes privés, Yorgos, Costa et Victor, à différentes étapes de leur carrière en mer. Originaires de Grèce, ces hommes sont embauchés pour assurer la sécurité des compagnies maritimes contre la piraterie, alors que leurs bateaux traversent ce qu’on appelle les zones à haut risque. Cependant, le film ne met pas l’accent sur un héroïsme macho, mais plutôt sur l’attente perpétuelle dans laquelle les hommes semblent passifs, loin d’être des agents de contrôle.

Yorgos, récemment recruté, s’adapte à sa nouvelle réalité souvent désenchantée, entre exercices diurnes et sorties en boîte de nuit le soir. Pendant ce temps, Costa, au sommet de sa carrière, semble plus à l’aise avec le côté éphémère de sa vie. Pourtant, ses journées sont également perturbées par des appels téléphoniques de ses proches, y compris une petite amie qui se lamente de son absence. Quant à Victor, d’âge moyen et responsable de la formation des nouveaux recrues, il ressent que cette vie est un jeu de jeunesse ; il aspire à une transition vers un travail plus ancré, qui le rapprochera de sa femme et de son fils.

Évoluant dans un espace masculin, la caméra s’attarde sur la forme masculine – qu’il s’agisse de prendre une douche ou de s’entraîner au combat. Cela rappelle fortement Beau Travail de Claire Denis, avec des images sensuelles et une dimension homoérotique qui subvertit l’atmosphère militariste. En même temps, cette expérimentation visuelle obscurcit les contextes sociopolitiques plus larges entourant l’existence de ces corps de mercenaires ; le film montre clairement que, tandis que la majorité des recrues en sécurité sont des Caucasiens, le personnel domestique à bord est principalement composé de travailleurs non blancs. Les sujets épineux de la race et des hiérarchies de classe sont quelque peu négligés au profit d’images abstraites.

Dogwatch sort le 9 février sur True Story.