Les réponses artistiques aux attaques terroristes de Paris en 2015 – notamment avec les œuvres « You Will Not Have My Hate », « Paris Memories » et l’excellent « You Resemble Me » – ont justement tendu vers la contemplation, bien que cela ne puisse excuser la comédie musicale de soft-rock « For You I’d Wait » de l’année dernière. Avec « November », le réalisateur et co-scénariste Cédric Jiminez, qui a exploré les origines de « The French Connection » dans son thriller « The Connection » sorti en 2014, se focalise sur l’opération policière qui a eu lieu immédiatement après les attaques, lorsque les terroristes étaient encore en fuite. La star de « The Connection », Jean Dujardin, supervise la traque, appelant sa femme pour lui dire « Donne mon amour aux enfants » avant cinq jours intenses à aboyer sur les suspects et à montrer des cartes.

Le film, utilisant le vocabulaire standard de Jason Bourne avec des panoramiques rapides, une caméra instable et un montage agité, évite heureusement de recréer les attaques elles-mêmes et catalogue plutôt les opérations de surveillance, les fausses pistes, les interrogatoires et les courses-poursuites à grande vitesse. Malgré le travail fiable d’un Jérémie Renier qui paraît nerveux dans le rôle d’un policier boudeur et d’Anaïs Demoustier en tant qu’agent novice, nous en apprenons peu sur ces héros (fictionnels) qui passent des nuits blanches avec des pizzas et de l’Alka-Seltzer. Un trafiquant d’armes (Hugo Dillon) avec une défense colorée mais douteuse – « Ne blâmez pas mes Kalachnikovs, blâmez les politiciens lâches ! » – attire davantage l’attention que quiconque ici.

Mis à part un moment où Dujardin perd son sang-froid et brutalise un suspect qui a menacé de tuer sa famille et sa « femme infidèle », les policiers ici sont tous diligents et consciencieux. Toutes les erreurs commises sont montrées comme étant tout à fait compréhensibles, et même la trahison imminente d’un témoin clé est expliquée plus tard comme ayant conduit à un changement de loi, ce qui constitue un argument de poids. En tant que thriller, « November » est élégant, fonctionnel et plutôt creux. En tant qu’exercice de relations publiques pour les forces de l’ordre françaises, il est exemplaire.

November sortira le 22 juin au Ciné Lumière, à Londres.

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