En 1965, à Paris, l’artiste Myriam Bat-Yosef, décédée à l’âge de 92 ans, a présenté, avec la danseuse uruguayenne Teresa Trujillo et le poète lettriste François Dufrêne, la performance Éryximaque. Cette performance, qui mariait des idées surréalistes avec le côté sensuel, pop et psychedelique de l’époque, constituait notamment une répudiation des femmes-pinceaux d’Yves Klein, qui, en 1960, avaient obéi à leur maître, se peignant le corps en bleu et pressant contre une toile. Les performances « Anthropométries » de Klein, selon Bat-Yosef, ne faisaient que renforcer les vieilles binarités masculin/féminin, artiste/modèle, actif/passif.

Quelques années plus tôt, l’oeuvre de Bat-Yosef était considérée comme conservatrice. Cependant, en 1956, elle a étudié un an à l’académie des beaux-arts de Florence et a visité la Biennale de Venise la même année. De là, elle a été exposée à l’avant-garde artistique internationale et a épousé l’artiste islandais Erró. Sa véritable transformation est survenue dans les années 1960, aux côtés de la culture hippie, alors qu’elle a commencé à expérimenter des expressions artistiques spontanées et subjectives dans différents médias.

Son travail a également évolué vers des installations peintes, allant même jusqu’à son récent spectacle posthume à l’occasion de ses funérailles au cimetière du Père Lachaise. Elle était une figure radicale et insaisissable, et son héritage artistique continue de vivre à travers sa fille, Tura, et sa petite-fille, Eloise.

  • Paris, 1965: Performance Éryximaque avec Teresa Trujillo et François Dufrêne
  • Répudiation des femmes-pinceaux d’Yves Klein par Myriam Bat-Yosef
  • Transformation de l’art conservateur de Bat-Yosef après des études à l’académie de Florence
  • Évolution du travail artistique vers des installations peintes
  • Héritage artistique et impact durable de Bat-Yosef