Film-maker Claire Simon au cœur de l’intime : une plongée dans un service de gynécologie parisien

La réalisatrice Claire Simon opère elle-même la caméra pour ce film extraordinaire, adoptant la position traditionnelle du cinéma vérité d’une mouche observatrice sur le mur, en enregistrant silencieusement les consultations et les procédures dans un service de santé des femmes, d’obstétrique et de gynécologie dans un hôpital parisien. Sauf à un moment crucial, aux deux tiers des 168 minutes du film, la mouche tourne la caméra sur elle-même lorsqu’elle découvre qu’elle aussi est atteinte d’un cancer, tout comme plusieurs des personnes qu’elle a filmées. La volonté de Simon de se dévoiler et de révéler sa condition est remarquable, mais à ce stade du film, les spectateurs auront pris conscience de la grande ouverture et du courage de chaque patiente que nous avons rencontrée pour lui permettre – ainsi qu’à nous – de partager ces moments intensément intimes.

  • Introduction de la caméra dans un service de gynécologie à Paris
  • Révélation de la propre maladie de la réalisatrice
  • Scènes intimes de consultations et de procédures
  • Varied cases, from pregnancies to cancer
  • Importance of openness and bravery of patients

Suivant un ordre naturel, les premières femmes que nous rencontrons sont enceintes et, dans deux cas, cherchent à avorter. Il n’y a pas de jugement de la part des médecins, ou s’il y en avait, il serait difficile à discerner car le film a été tourné pendant le Covid et tout le monde porte un masque. Cela dit, un médecin demande poliment à chacune de ses patientes de retirer son masque un instant, pour que tout le monde puisse se voir plus clairement.

Nous passons ensuite à un jeune transgenre qui se réjouit de commencer la prise de testostérone une fois qu’il aura 18 ans. Le médecin suggère qu’il envisage de faire prélever des ovules avant de commencer le traitement hormonal au cas où il voudrait avoir des enfants à l’avenir. Cette scène se relie à une autre où nous rencontrons une transgenre d’âge moyen qui reçoit des conseils sur la nécessité de diminuer sa propre dose d’hormones féminines pour des raisons de santé, créant ainsi une sorte de ménopause.

Ailleurs, nous voyons une femme donnant naissance avec stoïcisme, poussant le petit bout de chou sans se plaindre. Nous assistons à tout le processus de FIV, de la récolte des ovules et de la fécondation à l’implantation dans l’utérus de la future mère pleine d’espoir.

Et puis il y a les patientes atteintes de cancer. Évidemment, toute personne ayant eu un cancer ou ayant été proche de quelqu’un qui en a eu devrait considérer ceci comme un avertissement : il y a de nombreuses scènes déchirantes de femmes confrontées à leur propre mortalité et à la perte d’autonomie. Mais même ici, il y a des touches d’humour : une jeune femme plaisante sur le fait que tous les chauffeurs Uber lui font des avances à cause de sa perruque glamour. Le regard de la caméra n’est pas implacable, mais il n’y a pas un soupçon de sentimentalisme – juste une volonté inflexible de regarder la vie en face, sans ciller.

Notre corps est disponible sur Mubi à partir du 8 mars.