Macron dévoile son plan pour un système de santé qui plonge dans la crise - 1

Les déclarations « très précises » d’Emmanuel Macron sont-elles cohérentes avec la « reprise » promise d’un système de santé « à bout de souffle » ? Le chef de l’Etat est en tout cas très attendu lors de ses félicitations aux gardiens vendredi à l’hôpital de l’Essonne.

« Le président de la République organisera un stage pour les soignants » pour leur permettre de « trouver du sens à leur métier » et de faciliter « l’accès aux soins » des Français, selon l’Elysée.

Il présentera « des mesures très précises avec des points de révision précis et approfondis pour s’assurer de leur mise en œuvre », a ajouté le président, sans entrer dans le détail du contenu.

Signe que la crise qui frappe l’hôpital, ainsi que la médecine de la ville, est prioritaire, Emmanuel Macron, pour la première fois depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, a consacré une cérémonie d’accueil spécifiquement « aux soins de santé, hôpitaux et acteurs libéraux. .

View of the Sud-Francilien (CHSF) Hospital Center in Corbeil-Essones, south of Paris, August 26, 2022 (AFP/Archive – Emmanuel DUNAND)

A cette occasion, il s’est rendu au centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) en banlieue parisienne. Accompagné du ministre de la Santé François Braun, il doit se rendre aux urgences pédiatriques, qui ont connu une extrême tension ces derniers mois, comme ailleurs en France.

– « Plusieurs vitesses » –

Ses annonces sont très attendues par les personnels qui ne cessent de dénoncer « l’échec » de l’offre de soins, le débordement des urgences et une pénurie criante de soignants sur fond de triple épidémie hivernale de Covid-19, grippe et bronchiolite.

Healing deserts in France (AFP – Cléa PÉCULIER)

Dans un rare communiqué commun, l’ordre et les syndicats médicaux jeudi, en amont des « décisions politiques », ont tracé leur ligne rouge, affirmant « s’opposer à une médecine à plusieurs vitesses » qui ne respecterait pas leur rôle de « guide ». systèmes.

Le premier mandat d’Emmanuel Macron a été marqué après le déclenchement de la pandémie en 2020 par la « Segura de la santé » avec 12 milliards d’euros par an pour augmenter la rémunération des soignants et 19 milliards de dollars à investir dans la santé et les hôpitaux.

Mais dès 2018, son plan Ma Santé 2022 a solidifié sa philosophie avec la suppression du « numerus clausus » limitant le nombre d’étudiants en médecine.

« Il nous faut une dizaine d’années pour former un médecin », il va donc falloir vivre encore un certain temps avec le déficit actuel, l’entourage présidentiel plaidant aujourd’hui pour la nécessité de « renforcer ces transformations ».

En campagne au printemps, Emmanuel Macron a également fait de la santé l’un des deux « grands chantiers » de son second quinquennat, avec l’école.

Il a reconnu qu’il fallait « aller beaucoup plus loin, plus vite et plus fort », notamment en renforçant la prévention, « en simplifiant les hôpitaux », « l’accès aux soins d’urgence », et en luttant contre le mérite médical.

– Des poches de mécontentement –

La Première ministre Elisabeth Born (CD) et le ministre de la Santé François Braun (CG) discutent avec le personnel médical le 31 décembre 2022 aux urgences pédiatriques d'Argenteuil (POOL/AFP - Anna KURT)La Première ministre Elisabeth Born (CD) et le ministre de la Santé François Braun (CG) discutent avec le personnel médical le 31 décembre 2022 aux urgences pédiatriques d’Argenteuil (POOL/AFP – Anna KURT)

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François Braun, lors de sa nomination en juillet, a même parlé d’un « système de santé à bout de souffle ». Mais malgré quelques mesures urgentes et des rallonges budgétaires ces derniers mois, la crise continue de s’intensifier.

Et les poches de mécontentement se multiplient.

Les médecins libéraux ont organisé jeudi à Paris une 1000e manifestation, point d’orgue d’une grève entamée au lendemain de Noël, pour réclamer le doublement du coût d’une consultation de 25 euros à 50 euros.

Cependant, dans un effort pour éteindre les incendies sociaux, surtout à l’approche de la mobilisation contre la réforme imminente des retraites, le gouvernement a été ferme sur ces grévistes.

La Première ministre Elizabeth Bourne a jugé mardi « vraiment innocente » la grève pendant les vacances, ce qui ajoute à la pression sur l’hôpital.

Son ministre de la Santé s’est dit jeudi « prêt à augmenter cette consultation » mais en échange d’efforts pour permettre aux Français d’avoir plus facilement accès à un médecin, et certainement pas à hauteur des 50 euros demandés.

FO-Santé, deuxième syndicat des hospitaliers, a appelé à une grève illimitée à partir du 10 janvier pour protester contre « l’inaction » du gouvernement. Et les biologistes libéraux menacent de fermer leurs laboratoires à partir de lundi.

Le discours d’Emmanuel Macron mettra-t-il fin à ces conflits ? C’est évidemment l’intention de l’Elysée.

« Depuis 2020, nous nous sommes engagés dans une gestion anti-crise presque constante », a expliqué le conseiller. Le but du discours est « de sortir de cette gestion de crise ».