Libérons Kanaky : comment la Nouvelle-Calédonie s'est enflammée | Nouvelle-Calédonie - 1

Violences à Nouméa : la situation reste tendue

Dans la ville de Riviére-Salée, au nord de Nouméa, une voiture brûlée bloque la route principale. Des jeunes hommes masqués agitent un drapeau Kanak tandis que des véhicules passent. Tout autour, c’est la désolation : magasins pillés, bâtiments incendiés, débris jonchant les trottoirs et les routes. Des bandes de jeunes errent dans la région.

  • Les pires violences en Nouvelle-Calédonie depuis les années 1980
  • Colère contre un projet de loi sur le vote
  • État d’urgence déclaré, couvre-feu en place
  • Présence renforcée des forces de l’ordre pour rétablir l’ordre

La violence qui a éclaté la semaine dernière est la pire en Nouvelle-Calédonie depuis les troubles impliquant des militants indépendantistes dans les années 1980.

La colère contre le projet de la France d’imposer de nouvelles règles de vote a enflé dans cet archipel de 270 000 habitants. Le plan vise à étendre le droit de vote des résidents français vivant en Nouvelle-Calédonie aux élections provinciales, ce qui pourrait diluer le vote Kanak autochtone. Les Kanaks représentent environ 40 % de la population.

Les images qui ont circulé depuis Nouméa ont été alarmantes : des nuages de fumée noire au-dessus de la capitale tandis que des voitures, des magasins et des bâtiments étaient incendiés. Les émeutiers en colère contre le changement électoral ont également dressé des barricades routières, coupant l’accès aux médicaments et à la nourriture. Le 15 mai, un état d’urgence a été déclaré pour 12 jours et un couvre-feu national est toujours en place.

Des centaines de militaires et de policiers armés ont été déployés pour rétablir l’ordre et maintenir la paix. À ce jour, cinq personnes ont été tuées, dont deux policiers. Les trois autres étaient Kanaks.

Les autorités locales ont déclaré vendredi que la situation était « plus calme », après l’arrivée de centaines de marins français supplémentaires.

Cependant, malgré les appels au calme des groupes politiques – en particulier, les partis pro-indépendantistes les plus en colère contre le changement électoral prévu – des troubles continuent d’être signalés.

Deux émeutiers, qui ont préféré garder l’anonymat, déclarent : « Nous ne voulons pas laisser notre peuple disparaître, nous nous battrons jusqu’à ce que Kanaky soit libre. » Ils se tenaient près d’un rond-point dans la capitale de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, pendant qu’un véhicule brûlait.

  • Mobilisation des jeunes contre les violences
  • La situation inquiète les habitants de Nouméa
  • Les tensions s’accumulent depuis des années