OAlors que les guerres napoléoniennes sont censées avoir influencé négativement le physique français, même jusqu’à nos jours, il est possible que la Grande Guerre, malgré ses ravages parmi les jeunes et les forts, ait pu au moins en Europe occidentale établir un niveau de santé bien plus élevé que jamais auparavant. En France et en Belgique, par exemple, quatre années de combats aux côtés des nations anglo-saxonnes ont donné une formidable impulsion à «le sport”. La jeunesse française, dont certaines sont aussi mauvaises que celles de nos pires bidonvilles, peut être vue quotidiennement dans un costume de sport, composé de vêtements blancs divers et d’une large ceinture colorée, pratiquant la course, faisant de la gymnastique, faisant du scoutisme, jouant au tennis dans les parcs et jardins publics, boxe, natation. Une certaine forme de sport est en effet la élégant chose de nos jours tout en étant encouragé par les autorités de toutes les manières possibles. Quand on pense à la façon dont les garçons français étaient – ​​et sont maintenant dans une large mesure – enfermés dans les murs de la petite cour de récréation de l’école française sans aucune incitation au jeu, on peut mesurer l’importance du mouvement actuel. Et tandis qu’il incombait à l’Angleterre de donner le ton en matière de sports et d’être considérée, pour ainsi dire, comme l’autorité ultime, il a été le lot de l’Amérique de posséder l’argent avec lequel mener à bien de vastes projets internationaux, et pour les développer davantage.

L’un des plus intéressants de ces mouvements est le playground, assez naturellement repris en Angleterre, mais qui se développe aussi en France, en Italie et en Belgique, sous les auspices de la Croix-Rouge junior américaine. En France, où le dispositif a débuté, pas moins de 30 aires de jeux scientifiquement aménagées ont été organisées et mises en route par cette association de la jeunesse américaine ; en Belgique, il y en a trois jusqu’à présent, et une magnifique cour de récréation a été construite à Rome – entre autres – avec un décor de cyprès et avec une petite maisonnette et un bureau Hansel et Gretel, peints en rouge et bleu et jaune, et très gais en effet.

Le choix d’une aire de jeux
Dans leur propre pays, les Américains ont utilisé très ingénieusement les espaces limités des villes pour des terrains de jeux. Dans la pénurie de parcs et d’espaces ouverts dans une ville comme New York, par exemple, cela a été essentiel. Ils ont apporté leur expérience en Europe, et MHO Warner est devenu architecte et jardinier d’aires de jeux et a pu énoncer certains principes essentiels pour les aires de jeux du futur. À Paris, bien sûr, il y a beaucoup de place pour un tel travail, en raison de la nouvelle impulsion des Français dans cette direction, causée peut-être par leurs pertes dévastatrices, et en raison de la quantité d’espace nouveau qui devient progressivement disponible grâce au tirage bas des fortifications.

Dans la zone dévastée à nouveau, avec la quantité de nouveaux bâtiments en cours, le système a également été bien accueilli et, progressivement, les terrains de jeux ont évolué en quatre formes principales. L’un est le grand terrain de jeu des municipalités, dont l’idéal est une situation convenable au milieu d’une population surpeuplée qui n’a qu’à s’y aventurer, de préférence pas par un axe routier. Idéalement encore, cela devrait avoir une salle de spectacle et des bureaux, avec des installations pour se laver et se baigner, de l’espace pour courir et de grands jeux, des terrains pour des jeux tels que le baseball, le volley-ball, le tennis, les appareils nécessaires pour les balançoires et la gymnastique, ainsi que des tas de sable – cela à maintenir propre – et, au mieux, une piscine. La grande aire de jeux de Rome est divisée en trois parties : pour les garçons, les filles et les petits, ou petits garçons.

Magie dans une mine de charbon
Un autre type de terrain de jeu est destiné aux grandes institutions, un troisième aux écoles et un quatrième aux immeubles d’habitation. Dans ce dernier contexte, des merveilles ont été créées avec les cours et les approches en pierre terne. Des terrains ont été aménagés pour les jeux, et une armature en fer spéciale a été imaginée pour les balançoires et les trapèzes, transposables selon les besoins des grands ou des petits enfants. Toutes sortes de sols sont utilisés.

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Dans le centre purement minier de La Louvière, en Belgique, la municipalité a promis de fournir le terrain si les mines fournissaient le travail. On recouvrait le sol de mines désaffectées, on rasait des bâtiments, on comblait des puits de mine. Il y avait des travaux de nivellement, et, en somme, de faire au cœur d’un quartier houiller un jardin enchanté, où les scories devenaient des pavés d’or, et les enfants pouvaient oublier que le charbon existait.

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