Emmanuel Macron réagit à l’annulation d’un tiers de son projet de loi controversé sur l’immigration

Quand les juges rejettent des sections clés d’un projet de loi phare du gouvernement, cela est rarement perçu comme une victoire pour un président ou un premier ministre. Mais c’est peut-être ainsi qu’Emmanuel Macron voit la décision de jeudi dernier par le conseil constitutionnel de France d’annuler environ un tiers de son projet de loi très controversé sur l’immigration.

Lorsqu’il s’agit de faire adopter le projet de loi à l’assemblée nationale, où le parti centriste du président dépend des votes de droite, M. Macron se retrouve à jouer un jeu dangereux avec la droite française. Ce projet de loi a été durci avec une série d’amendements sévères et discriminatoires pour obtenir les votes de la droite. Marine Le Pen a salué une victoire idéologique tandis que M. Macron semble avoir compté sur les tribunaux pour défendre les valeurs républicaines contre la législation de son propre gouvernement.

Cette stratégie présente deux dangers évidents. D’une part, M. Macron pourrait démoraliser une grande partie de son propre parti en flirtant avec un communautarisme de droite. D’autre part, il pourrait simplement confirmer le diagnostic de la France par Mme Le Pen et attirer les hésitants vers elle. Une étude récente sur les attitudes de vote en Europe a conclu que suivre la rhétorique et les préoccupations de l’extrême droite n’est jamais une bonne idée pour les partis progressistes, car « les électeurs ont tendance à préférer l’original à la copie ».

Dans l’objectif de neutraliser la menace de Mme Le Pen, M. Macron risque de détourner les électeurs du centre modéré. Le président s’éloigne ainsi du centre libéral pour tenter d’empêcher une victoire de l’extrême nationalisme de Mme Le Pen lors des élections de juin. Cependant, cela pourrait également créer les dynamiques politiques qui le permettraient.

  • Emmanuel Macron réagit à la décision du conseil constitutionnel d’annuler un tiers de son projet de loi sur l’immigration
  • La stratégie de Macron présente des dangers évidents
  • Le risque de démoraliser son propre parti en flirtant avec un communautarisme de droite
  • Le possible renforcement du diagnostic de la France par Mme Le Pen et l’attrait des hésitants vers elle