
Tokyo, un lieu d’harmonie où les hommes et les animaux se rencontrent. Difficile d’imaginer aujourd’hui, quand on sait ce qu’est devenue l’une des plus grandes villes du monde avec ses 42 millions d’habitants. Et pourtant, du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, il en fut ainsi. Non pas parce qu’il s’agissait alors d’un petit village : au 18ème siècle, Edo (l’ancien nom de Tokyo) comptait déjà 1 million d’habitants ! Mais elle a pu grandir, sans exclure la nature. C’est cette harmonie saisissante que la Maison de la culture du Japon à Paris met en valeur dans l’exposition organisée à l’occasion de son 25e anniversaire.
Les Européens, qui ont découvert la ville à la fin du XIXème siècle, ont déjà été surpris, lorsqu’elle s’est ouverte au monde après plus de 200 ans de fermeture du pays. « Ils découvrent une population qui fait référence aux animaux en ajoutant le suffixe respectueux ‘-san’, ou des pousse-pousse qui serpentent dans les rues pour les éviter », explique Shuko Koyama, conservatrice au Edo-Tokyo Tokyo Metropolitan Museum et co-conservatrice du musée. Musée. Edo-Tokyo. Exposition. En témoignent les travaux du naturaliste américain Edward Morse, ainsi que les gravures présentées ici*.
Le cheval omniprésent, protégé par décret de l’abandon
Cette cohabitation entre humains et animaux remonte au 18ème siècle. « Edo, où résidait le shogun, était la nouvelle capitale. Mais personne ne savait encore qu’une longue période de paix commençait à cette époque », explique Shuko Koyama. – Dans les images, le shogun à cheval chassait le cerf ou le sanglier. passe-temps : d’une part, la chasse permettait d’augmenter les vivres en vue d’une éventuelle nouvelle guerre, d’autre part, ces sorties permettaient d’entraîner la cavalerie. Le cheval est omniprésent. D’abord pour son rôle militaire puis pour le transport. Il est respecté à tel point qu’il est interdit par décret de l’abandonner – lorsqu’il est malade ou trop vieux – sous peine de… mort, comme en témoigne la pancarte soigneusement conservée.
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Le monde a duré de plus en plus longtemps, la population a commencé à s’intéresser à divers animaux domestiques : chats, chiens, lapins, poissons rouges… Le phénomène touche toutes les couches sociales. Les estampes montrent ce que l’on retire de l’admiration de notre compagnon, que l’on organise des concours de chants d’oiseaux…

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Et nous vivons côte à côte avec des animaux sauvages : les hiboux vivent autour du parc d’Ueno, les loutres vivent dans la rivière Sumida, les familles sortent le soir pour écouter le chant des insectes. « Même les souris sont les bienvenues dans les maisons », déclare Naoko Nishimura, une autre commissaire d’exposition et conservatrice du musée métropolitain d’Edo-Tokyo à Tokyo. En effet, les habitants croyaient qu’ils étaient envoyés par une divinité et étaient un signe de prospérité. Cependant, la chasse se poursuit dans toute la ville, engendrant de délicats bestiaires d’animaux sauvages.

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Avant même l’ouverture du pays, les Tokyoïtes avaient un nouveau passe-temps : les animaux qui n’étaient pas au Japon et y étaient amenés par bateau, d’abord de Chine ou de Hollande. Ils découvrent ainsi une panthère, qui est confondue avec un tigre, puis avec un vrai tigre. Des manifestations ponctuelles conduiront inévitablement en 1882 à l’ouverture du premier zoo du Japon. Dans les années 1930, il s’inspire même du Vincennes (ouvert pour l’Exposition coloniale de Paris de 1931) avec sa grande pierre de singe. C’est là que l’histoire s’arrête, car après la Seconde Guerre mondiale, l’exode massif des campagnes a entraîné une urbanisation rapide, ne laissant aux animaux que de rares espaces verts.

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* Toutes les œuvres présentées dans l’exposition sont une gracieuseté du musée Edo-Tokyo, qui est actuellement fermé pour rénovation.
jeanimaux, protecteurs symboliques de la variole

Pendant la période Edo, des gravures isolées, des « images rouges » (aka-e) étaient vendues comme des charmes de la variole. Ils étaient pendus dans la chambre des enfants malades. Ce sont des symboles d’animaux censés les protéger. « Il y a une chouette qui, grâce à son excellente vision nocturne, devrait aider un enfant à ne pas perdre la vue », explique Naoko Nishimura, commissaire d’exposition et conservatrice du Edo-Tokyo Metropolitan Museum de Tokyo. que la maladie est bénigne. Et encore la tortue, vivre vieux.

Bestiaire japonais. Vivre avec des animaux à Edo-Tokyo (XVIIIe-XIXe siècles)
Maison de la Culture du Japon à Paris. 101 bis Quai Jacques Chirac, 75015 Paris. 9 novembre 2022 au 21 janvier 2023
Renseignements : 01.44.37.95.00

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
