Malgré son impopularité – 54% des électeurs français désapprouvent sa performance au pouvoir – Emmanuel Macron devrait remporter un deuxième mandat de cinq ans à l’élection présidentielle française, dont le premier tour se tiendra dimanche prochain. Pourtant, on sait déjà qui a remporté la campagne par opposition au vote : les forces populistes du nationalisme d’extrême droite regroupées autour des candidatures de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour.
En tant que leader du Rassemblement national, anciennement Front National, Le Pen a renforcé son emprise sur la deuxième place après quelques mois chancelants. Son soutien est d’environ 20 %, contre 28 % pour Macron, et elle réduit l’écart. Dans l’état actuel des choses, Macron la battrait lors du second tour à deux candidats le 24 avril par 56-44%, bien qu’un sondage la semaine dernière ait suggéré que la marge s’était réduite à seulement six points. La faible participation électorale prévue augmente l’incertitude.
L’attractivité exercée par Zemmour s’est estompée mais reste significative. Le pandit-polémiste islamophobe a environ 10% de soutien. Si le vote d’extrême droite du premier tour, y compris les 2% qui soutiennent le parti marginal, Debout la France, s’unissait autour d’un seul candidat, Macron serait poussé à la deuxième place.
Heureusement pour Macron et la France, il est peu probable que cela se produise – à cette occasion, du moins. Et au second tour, on peut s’attendre à ce que suffisamment de socialistes, de communistes, de Verts, de conservateurs de centre-droit et de partisans du candidat d’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, se bouchent le nez et soutiennent Macron, ne serait-ce que pour empêcher Le Pen d’entrer l’Élysée.
Si tel est le cas, ce serait une répétition du résultat du second tour de 2017. Mais alors que Macron gagnait facilement alors, de plus de 30 points, sa marge cette fois peut être à un chiffre. Alors, comment Le Pen a-t-il rattrapé autant de terrain ? Les observateurs soulignent le travail acharné et la capacité d’apprendre des erreurs passées. Evitant les grands rassemblements, elle a inlassablement courtisé la classe ouvrière »vote populaire» à travers des rassemblements personnalisés de type mairie à travers le pays pendant que Macron parcourait la scène internationale.
Les diatribes anti-immigrés répugnantes et qui font la une des journaux de Zemmour ont peut-être contribué à mettre en évidence la position relativement moins extrême de Le Pen. Contrairement à lui, par exemple, elle dit que les réfugiés ukrainiens sont les bienvenus. Elle a abandonné les projets de rétablissement de la peine de mort et de sortie de l’euro. Ce changement reflète sa stratégie de détoxification d’un parti longtemps considéré comme irrémédiablement raciste, rendant ainsi sa candidature plus acceptable pour les électeurs de centre-droit.
Ça marche, jusqu’à un certain point. Une étude publiée par Le Monde a constaté que moins d’électeurs voient désormais Le Pen comme une menace. Alors que 50% ne voteraient toujours pas pour elle en aucun cas, les chiffres étaient plus élevés pour Zemmour (64%) et Mélenchon (53%). L’inconvénient est que si et quand Le Pen perd à nouveau, les partisans d’extrême droite pourraient conclure que la modération, quelle qu’elle soit, ne paie pas.
C’est l’immense défi d’un second mandat de Macron. Comme la Grande-Bretagne, la France est aux prises avec les effets destructeurs de la désindustrialisation, de la mondialisation et de l’austérité. L’extrémisme de droite (et de gauche) a prospéré parmi les électeurs de la classe ouvrière qui se sentent trahis et oubliés. Comme avec le Brexit et dans l’Amérique trumpiste, un discours qui divise diabolise les migrants, les musulmans et les minorités de toutes sortes. C’est fatalement corrosif pour la société.
La crise ukrainienne a naturellement détourné Macron de la campagne. Mais des forces pernicieuses progressent également chez lui, et il doit faire mieux pour les contrecarrer et rassembler le pays. La tendance est claire. Les causes profondes de la détresse nationale doivent être traitées – ou la France pourrait faire face à un cauchemar d’extrême droite en 2027.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
