xxLe charme de la nostalgie est palpable partout dans la culture populaire, qu’il soit forcé ou organique, choquant ou réconfortant: la rediffusion de Girls, la réunion de NSYNC, la résurgence de Kate Bush via le appât Stranger Things des années 80, le nouveau Fatal Attraction, un mercredi Addams rafraîchi, un autre Sex and the City.

Tout cela peut être un piège. Le critique de Vulture, Craig Jenkins, la décrit comme étant l’entreprise de nostalgie la plus flashy et lucrative du moment, une « maison de retraite, où l’esprit se rend quand il est fatigué d’aller ailleurs ».

La nostalgie est devenue un sujet bancaire dans notre économie du streaming, regorgeant de redémarrages harkening et de révisions, qui suscitent de la nostalgie pour le passé. Toutefois, cette omniprésence, donne parfois une mauvaise réputation à la nostalgie, le présentant souvent comme facile, indulgent et peu original.

Le film, intitulé « The Holdovers », réalisé par Alexander Payne et entrant dans le canon des fêtes (bien que inexplicablement sorti aux États-Unis à la fin d’octobre), est une comédie drame aigre-douce sur trois inadaptés à la dure – le professeur bougon Paul Hunham, l’adolescent misanthrope Angus Tully et la mère endeuillée Mary Lamb – coincés ensemble pendant les vacances dans une école privée de la Nouvelle-Angleterre en 1970.

Payne, qui a remporté un Oscar pour « Sideways » en 2004, se lance dans une mission de double nostalgie: un film visant à recréer fidèlement 1970, qui a expressément l’air d’avoir été réalisé dans les années 70. « The Holdovers » cherche à s’ancrer dans une époque plutôt que d’en abuser. Il évoque un sentiment d’appartenance à une période plutôt que de simplement la mettre en scène.

La nostalgie réussie n’est pas une question d’esthétique mais de ressenti, et The Holdovers parvient à capter ce sentiment de manière particulièrement bien réussie. Le film est maintenant sorti dans les cinémas américains et est disponible au Royaume-Uni depuis le 19 janvier.