La France se lance dans une révolution écologique

Tandis que nous restons fascinés par une poignée d’égoïstes nécessiteux à Westminster et les crises qu’ils fabriquent, de l’autre côté de la Manche, une révolution est en cours. C’est une révolution silencieuse, sobre, réfléchie, mais néanmoins une révolution. La France cherche à se transformer en une civilisation écologique.

Comme tous les gouvernements, l’administration française devrait aller plus loin et plus vite pour faire face au plus grand problème auquel l’humanité est confrontée : l’effondrement des systèmes terrestres. Mais vous pouvez mesurer la gravité du plan du gouvernement par son engagement institutionnel. La France dispose désormais d’un ministère de la Transition écologique. D’ici la fin de l’année prochaine, les 25 000 hauts fonctionnaires du pays auront été formés aux principes de cette transition. D’ici à la prochaine élection présidentielle, en 2027, tous les agents du secteur public auront reçu cette formation, adaptée à leur secteur. Pensez-y : 5,6 millions de personnes seront sensibilisées à la crise de la biodiversité, à la crise climatique et à la crise des ressources naturelles – comment ces phénomènes se rapportent aux services publics qu’ils fournissent et comment les agents du secteur public peuvent utiliser ces connaissances pour changer leur manière de travailler.

  • La France se dirige vers une révolution écologique
  • Le gouvernement se mobilise pour former les agents de la fonction publique aux enjeux écologiques
  • La France a déjà pris des mesures concrètes en matière de gestion de l’énergie, de l’eau et des ressources
  • La réduction des déchets est l’un des programmes phares du gouvernement
  • La France interdit les plastiques à usage unique dans les marchés publics et encourage l’utilisation de contenants rechargeables
  • Les fabricants et les distributeurs sont tenus de ne pas gaspiller les produits invendus et de les donner ou les recycler

Déjà, dans le domaine de l’énergie, de l’eau et de la conservation des ressources, la France a réalisé ce que le gouvernement britannique promet vaguement pour 2040 ou 2050 (j’ai fini par voir 2040 et 2050 comme des « mots codés » pour « jamais »). Jetons un coup d’œil à l’un de ces programmes : la réduction des déchets. Le gouvernement français a adopté une loi sur l’économie circulaire, qui vise à mettre fin à l’utilisation inutile des ressources. Les plastiques à usage unique sont interdits dans les marchés publics. Les magasins doivent permettre aux gens d’apporter des contenants rechargeables et baisser les prix lorsqu’ils le font. Tout endroit où les gens se rassemblent en grand nombre doit être équipé de fontaines d’eau potable, dans le cadre d’un plan plus large visant à éliminer progressivement les bouteilles en plastique. Les fabricants, les grossistes et les détaillants sont interdits de jeter les articles invendus : ils doivent plutôt les donner ou les recycler, créant ainsi une incitation à éviter la surproduction.

Le gouvernement cherche à éliminer l’obsolescence programmée. Les principaux secteurs commerciaux – équipements électriques et électroniques, jouets, sports, loisirs, bricolage, jardinage, textiles, chaussures et meubles – doivent contribuer à un fonds de réparation. Les entreprises doivent fournir des pièces détachées et des instructions de réparation. L’année prochaine, certains secteurs devront afficher un « indice de durabilité » sur leurs produits. Les fabricants sont interdits d’utiliser des stratégies visant à restreindre la réparation ou la durée de vie des appareils qu’ils vendent, comme les mises à jour logicielles qui ralentissent les téléphones et les tablettes.

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Les producteurs et les distributeurs d’une large gamme de produits – des serviettes hygiéniques aux voitures – sont ou seront bientôt responsables financièrement de leur traitement et de leur élimination une fois utilisés. Les fabricants doivent produire de nouveaux plans d’éco-conception tous les cinq ans pour réduire leur consommation de ressources et améliorer leur recyclabilité. D’ici 2025, l’emballage plastique à usage unique sera réduit de 20 %, toutes les nouvelles machines à laver seront équipées de filtres pour capturer les microfibres plastiques, et les supermarchés et les restaurateurs devront réduire le gaspillage alimentaire de 50 %.

Comparons cela avec le Royaume-Uni. Le gouvernement interdira une gamme limitée de plastiques à usage unique en Angleterre, principalement dans le secteur de la restauration rapide. Mais il a sabordé les projets de l’Écosse d’aller plus loin. Le gouvernement écossais a reporté de deux ans sa tentative d’introduire un système de consigne pour les bouteilles en verre, après que le gouvernement de Westminster a refusé d’accorder une exemption à la loi sur le marché intérieur.

Il existe des contrastes similaires dans d’autres secteurs. Par exemple, la France a publié un plan visant à protéger ses ressources en eau de la source à la mer, en réduisant la quantité prélevée dans les rivières et les nappes souterraines, en réutilisant les eaux grises (les eaux qui s’écoulent des éviers, des douches, des machines à laver, etc.), en luttant contre la pollution et en améliorant l’état écologique des rivières et des lacs. Le gouvernement consacre 1,4 milliard d’euros (1,2 milliard de livres sterling) au nettoyage de la Seine, dans laquelle, sur une grande partie de son cours, la baignade est interdite depuis 1923, tant l’eau est toxique. La rivière sera au centre des Jeux olympiques de Paris 2024, où les triathlètes et les nageurs participants concourront dans ses eaux.

Comparé à cela, le Royaume-Uni n’a pas inclus d’amélioration globale de la qualité de l’eau dans ses objectifs de la loi sur l’environnement, et il semble avoir abandonné ses engagements faibles pour agir contre la pollution des eaux usées.