Thriller discret, se déroulant à la fin des années 1950-début des années 60, si l’on en juge par les costumes, The Undertaker rappelle les films policiers régionaux britanniques de l’époque, du genre où les gangsters aux petites combines et les malfrats aux costumes luisants se disputent le contrôle du marché noir des tickets de rationnement. Le scénariste-réalisateur Michael Wright a visiblement une attirance pour ce milieu et prend soin de reproduire l’argot de l’époque dans cette histoire d’Arthur Morel (Paul McGann), un directeur de pompes funèbres discret qui se retrouve mêlé aux affaires louches du voyou local Finlay (Roger Barclay) dans une ville du nord. Finlay a besoin d’un peu d’aide pour enterrer les corps superflus que son entreprise douteuse génère, ou « fils à régler », comme il les décrit.

Il n’est pas immédiatement clair pourquoi Arthur accepte de s’impliquer dans ces affaires louches, mais peut-être que cela a quelque chose à voir avec son défunt frère, qui avait une passion pour le jeu et s’est retrouvé dans les ennuis avec Finlay. Ou peut-être qu’Arthur aime simplement avoir de l’argent supplémentaire. Difficile à dire étant donné la performance fermée et tendue de McGann, jouant un homme obsédé par le fait de garder les portes entre sa vie professionnelle et sa vie privée fermées à clé, littéralement et figurativement.

Wright et son équipe ont délibérément réduit la saturation des couleurs et privilégié les tons bruns et gris dans la production et les costumes, de sorte que tout ressemble à une photo développée dans du thé faible. Cela devient un peu oppressant à la longue, mais il y a quelques moments étincelants : par exemple, un discours pompeux prononcé par Tara Fitzgerald, jouant une chanteuse de cabaret aigrie, sur la physique et la métaphysique du snooker. C’est un texte terriblement prétentieux, mais elle l’interprète à la perfection. À noter également une apparition touchante du regretté acteur Murray Melvin, dans l’une de ses dernières performances, jouant Lenny, un collègue retraité d’Arthur qui s’attend résigné à ce que sa propre mort survienne bientôt et qui a des opinions très arrêtées sur le type de cercueil qu’il souhaite.

Points importants :

  • The Undertaker sort le 3 novembre dans les cinémas britanniques.