En Israël, les robots sont au chevet des malades... et des médecins - 1

Cette pilule a à peu près la taille d’une grosse pilule antibiotique et pourrait révolutionner le traitement de la maladie de Crohn, une inflammation chronique du tube digestif. La capsule contient une caméra microscopique et, une fois avalée, prend une vidéo de l’intérieur des organes à la recherche de symptômes tels que des lésions. Les images collectées – environ 12 000 par film – sont ensuite interprétées par l’algorithme en seulement deux minutes. Avec une fiabilité maximale : la précision du diagnostic atteint 86 % contre 70 % pour le diagnostic assisté par un médecin. Introduite à la fin de l’été, cette technologie a été développée en Israël. Elle est née dans l’un des laboratoires high-tech de l’hôpital de Ramat Gan, dans la banlieue nord de Tel-Aviv, avec le soutien du géant informatique Intel. « Pour améliorer le suivi des patients, il faut savoir détecter au plus tôt les symptômes, évaluer leur sévérité et prévoir leur évolution », explique Eyal Zimlichman, directeur du centre.

« L’intelligence artificielle pourrait un jour remplacer les gastro-entérologues et de nombreux professionnels de la santé dans le diagnostic », plaisante-t-il. Seulement la moitié.

Car en Israël, les médecins, infirmiers et infirmières manquent cruellement. « C’est un problème qui complique le traitement d’une population vieillissante, en particulier des maladies chroniques », a déclaré Asher Shalmon, directeur des relations internationales au ministère de la Santé. « Nous devons nous appuyer sur la technologie pour adapter le système de santé. » Depuis les années 1990, le pays est passé à la santé numérique, organisant l’échange des données médicales de ces 9 millions d’habitants entre toutes les entités de santé. Aujourd’hui, l’écosystème « santé » israélien de 1 700 entreprises est aux avant-postes et exporte ses produits et ses talents dans le monde entier. Créé il y a trois ans, Chaim Sheba, un méga-centre innovant avec des intérieurs de style usine et des meubles scandinaves laconiques, rappelle plus un complexe ultra-moderne de la Silicon Valley qu’une aile d’hôpital. Ici, la communauté médicale du plus grand hôpital du Moyen-Orient travaille avec des entrepreneurs d’environ 80 start-ups sur plus de 3 500 projets de recherche. Equipements numériques, télémédecine, intelligence artificielle… Ce ferment d’inventions est surveillé de près par les grands groupes : parmi les partenaires du centre Microsoft, Amazon, GE Healthcare, Janssen et AstraZeneca.

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Nous sommes le 14 septembre, un curieux robot de la taille d’une imprimante de bureau rôde dans les couloirs. Créé par Seamless Vision, il assure l’auto-administration du traitement contre le cancer au centre d’oncologie de l’hôpital.