Daddio : un huis clos palpitant dans un taxi new-yorkais

Le film Daddio, un huis clos se déroulant entièrement dans un taxi entre l’aéroport JFK et Manhattan, aurait pu être perçu comme une création née des restrictions imposées par la pandémie de Covid-19. Cependant, ce projet a germé bien avant l’arrivée du virus. À l’origine, il s’agissait d’une pièce de théâtre. Puis, en 2017, le script a été sélectionné dans la Black List, attirant l’attention de Daisy Ridley. Finalement, il est devenu un film à petit budget, premièrement présenté lors d’un festival automnal peu médiatisé, tourné à la fin de l’année dernière et porté à l’écran par sa star et productrice, Dakota Johnson.

L’histoire se déroule autour d’une programmeuse qui atterrit à New York après avoir rendu visite à sa demi-sœur. Elle se retrouve dans un taxi conduit par un homme aimable et bavard joué par Sean Penn. Leur échange prend une place primordiale dans le film, abordant des questions épineuses sur l’âge, le genre, la sexualité et les problèmes familiaux. On retrouve ici des échos du thriller ingénieux de Steven Knight, Locke, qui nous a tenus en haleine grâce au jeu tendu et banal de Tom Hardy au téléphone dans sa voiture, ou encore de Collateral de Michael Mann, où le chauffeur de taxi joué par Jamie Foxx est contraint de s’associer à un assassin assis à l’arrière de sa voiture, interprété par Tom Cruise. Bien que Daddio puisse sembler s’orienter vers un genre plus marqué, il s’agit en réalité d’un psychodrame ancré dans la réalité, ponctué de touches d’humour, une histoire simple de deux personnes qui apprennent à se connaître. Pour les acteurs en quête de temps d’écran et de défis, c’est un rêve, mais moins pour nous, les spectateurs.

Dans un premier temps, le film présente une situation cauchemardesque pour ceux d’entre nous qui préfèrent rester silencieux à l’arrière d’un taxi. L’affabilité polie de la passagère est constamment mise à l’épreuve par les questions indiscrètes du chauffeur terre-à-terre. Lorsque le trajet est interrompu par un accident, les conversations futiles prennent soudain une tournure plus profonde. Cependant, cette évolution manque de captiver ou de surprendre suffisamment, compte tenu de l’épure du scénario. Le pétillant qui aurait pu jaillir de leur dialogue fait défaut, bien que les deux acteurs fassent de leur mieux pour y insuffler de l’énergie. Le texte de Christy Hall, à la fois scénariste et réalisatrice, est prévisible, sans véritable originalité. Par moments, on entrevoit une approche intéressante lorsque Hall aborde sans détour des thèmes tels que la sexualité et leur influence sur la vision de soi et du monde des personnages. Malheureusement, elle privilégie trop souvent une psychologie facile pour expliquer les motivations. Certes, ces personnages – une maîtresse blonde platine avec des problèmes familiaux et un chauffeur de taxi peu scrupuleux qui parle en proverbes – existent dans la réalité, mais ils ont déjà été représentés de nombreuses fois, sans apporter de nouvelles perspectives.

Si le scénario de Hall nous garde à distance, sa réalisation nous rapproche de quelque chose de plus authentique. Elle réussit à capturer l’excitation particulière de voyager de l’aéroport vers la ville la nuit, l’effervescence grandissant à chaque mile parcouru. De plus, elle parvient à donner une existence palpable à ce décor en apparence fixe, nous plaçant littéralement dans la voiture aux côtés des personnages. La vie est également insufflée dans le film par ses deux acteurs principaux, qui tirent le meilleur parti de ce huis clos. Dakota Johnson démontre une nouvelle fois son charme magnétique, indépendamment de la qualité du matériel (une compétence acquise lors de la franchise Fifty Shades). Quant à Sean Penn, il retrouve une aisance digne d’une star de cinéma, qu’il n’avait pas montrée depuis trop longtemps. Presque, ils y parviennent, mais, comme nous, ils cherchent quelque chose qui n’est pas tout à fait là, comme sur une route sans fin et sans récompense.

En résumé, Daddio est un film qui aurait pu être une œuvre mémorable, mais malheureusement, il reste sur une note insatisfaisante. La qualité des acteurs et la mise en scène réussie ne suffisent pas à compenser un scénario prévisible et des personnages déjà trop souvent vus. Il laisse un goût de frustration et d’inachevé, sans offrir la clarté et l’originalité attendues.
### Points importants de l’article :
– « Daddio » est un film huis clos se déroulant dans un taxi new-yorkais.
– Il n’a pas été spécialement conçu en réponse à la pandémie de Covid-19.
– Le film est basé sur une pièce de théâtre, puis a été sélectionné dans la Black List en 2017.
– Le scénario aborde des questions sur l’âge, le genre, la sexualité et les problèmes familiaux.
– On trouve des similitudes avec les films « Locke » et « Collateral ».
– Le dialogue prévisible et les personnages stéréotypés sont les points faibles du film.
– La mise en scène réussit à rendre vivant un décor statique.
– Les performances de Dakota Johnson et Sean Penn sont remarquables.
– Malgré cela, le film laisse une impression d’inachevé et de frustration.