Parfois un chapeau orné de pailles en plastique, de boules de Noël et de déchets aléatoires n’est pas seulement un chapeau orné de pailles en plastique, de boules de Noël et de déchets aléatoires : c’est une déclaration politique – en quelque sorte. Ce documentaire vivant, effervescent et souvent émouvant tourne autour de David Faulk et Michael Johnstone, deux artistes qui se sont rencontrés au milieu de la pandémie du SIDA, sont tombés amoureux et ont fini par construire non seulement une vie ensemble mais aussi une communauté plus large autour de la drag persona de Mrs Vera.
Cette dernière est incarnée par Faulk, vêtue comme une Jeanne d’Arc psychédélique d’une armure en polyester recyclé et de bibelots, sous une épaisse couche de maquillage – pas si différente des couches d’un pouce de peinture qu’il appliquait autrefois sur des toiles en tant qu’artiste basé à New York. Mais une fois qu’il a déménagé à San Francisco et a commencé à faire de l’art avec son compagnon de vie Johnstone, la Verasphere en expansion est devenue bien plus qu’une simple performance. C’est toute une construction multimédia, impliquant les photographies lumineuses de Johnstone, la réalisation de films, des collaborations avec des amis et des alliés, et surtout, des ateliers d’artisanat où Faulk et Johnstone apprennent aux gens à manier les pistolets à colle comme de vrais professionnels en préparation de la marche de la fierté annuelle de la ville. La gentillesse innée du couple et leur générosité rayonnent, tandis que le miracle de leur survie (les deux sont séropositifs depuis des années et Johnstone a failli mourir) leur a permis de devenir des légendes locales et des fées marraines pour la communauté.
- En résumé, les points importants de l’article sont :
- Le documentaire suit l’histoire de David Faulk et Michael Johnstone, deux artistes qui ont construit une communauté autour de la drag persona Mrs Vera.
- Faulk et Johnstone ont créé une Verasphere qui est bien plus qu’une simple performance, c’est une construction multimédia.
- Leur travail implique des photographies, des films, des collaborations et des ateliers d’artisanat.
- Le couple est connu pour sa gentillesse et sa générosité, ainsi que pour avoir surmonté leur séropositivité.
- Le documentaire alterne entre l’histoire de Faulk et Johnstone et une histoire condensée de l’ère post-Stonewall, mettant en lumière l’importance du VIH et du SIDA, du projet du mémorial du sida et des mouvements queer dans les quartiers East Village de New York et Castro Street de San Francisco.
- Des amis de Verasphere, tels que l’artiste de performance Annie Sprinkle et le chanteur-acteur Mark Trevorrow, donnent également leurs avis.
Les sujets entrelacés sont si attachants qu’il est difficile de ne pas se laisser séduire par le film, même si la réalisation (de Robert James) est très linéaire et conventionnelle. Cependant, elle réussit à moduler élégamment en passant de l’histoire de Faulk et Johnstone en tant qu’individus à une histoire condensée de l’ère après Stonewall, en reliant la montée du VIH et du SIDA, le projet du mémorial du sida et les mouvements queer dans les quartiers East Village de New York et Castro Street de San Francisco. On trouve également de nombreuses contributions concises des amis de Verasphere, dont l’artiste de performance Annie Sprinkle et le chanteur-acteur Mark Trevorrow, alias Bob Downe.
