Critique de Slingshot : Casey Affleck brille dans cette saga de science-fiction solide | Film - 1

Ce film est une addition très solide, bien que peu coûteuse, au canon du spaceman triste qui comprend déjà Interstellar, Ad Astra et Spaceman; il est également similaire à Moon (avec qui il partage un scénariste, Nathan Parker) dans les rythmes cycliques et la désintégration psychologique de son voyageur solitaire. L’astronaute John (Casey Affleck) se réveille de son hibernation tous les trois mois lors de sa mission vers la lune de Saturne, Titan, avec un regard systématiquement nauséeux et contraint qui semble canaliser les photos de paparazzi de son frère, Ben.

  • Introduction de John, Franks et Nash
  • Manœuvre risquée pour atteindre Titan
  • Prise de décision de John face à un choix difficile
  • Exploration de l’espace intérieur
  • Performances astucieuses des acteurs principaux

Pour atteindre leur destination, John, son commandant droit Franks (Laurence Fishburne) et l’ingénieur Nash (Tomer Capone) doivent effectuer une manœuvre risquée de fronde pour exploiter la gravité de Jupiter. Mais en plus des rêveries nostalgiques de John concernant Zoe (Emily Beecham), la femme qu’il a laissée derrière lui, un heurt inexplicable dans le vide laisse l’équipage craindre que l’intégrité de la coque ne soit compromise. Alors que Nash panique et que Franks reste inflexible quant à leurs objectifs, John doit décider s’il doit enclencher le bouton marqué « mutinerie ».

Ce qui est remarquable dans cette nouvelle désaffection interstellaire, c’est que la frontière finale dans les films n’est plus une source d’émerveillement et de transcendance, mais une excuse pour explorer l’espace intérieur. C’est exactement la trajectoire suivie par Slingshot, car le film se concentre de plus en plus sur les flashbacks de John avec Zoe (où il a une moustache à la Chris Hadfield) et ses hallucinations croissantes. Réalisé par le Suédois Mikael Håfström (The Rite, Escape Plan), le film peine pendant une heure à trouver son propre noyau thématique, mais à mesure que les pièces psychologiques s’accumulent, le film commence à exercer une force irrésistible dans son exploration de la dissonance cognitive et de la maladie mentale.

Parfois, les limitations budgétaires se font sentir: lors de la localisation de la panne, par exemple, John fait sortir sa tête par une trappe qui a l’air ridicule, comme un homme vérifiant le grenier pour des écureuils. Mais ce scénario confiné est solidement interprété par des performances subtiles et bien dosées, en particulier par Affleck impeccablement boutonné qui exhibe la répression émotionnelle nécessaire pour de telles entreprises, et Fishburne qui coercit son équipage avec calme jusqu’à ce qu’il commence à chanter: « Je suis juste un homme dont les intentions sont bonnes… ». Un voyage lent mais efficace.

Slingshot est disponible sur les plateformes numériques à partir du 4 novembre et en DVD à partir du 18 novembre

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