Shamira Raphaëla, réalisatrice de documentaires, était sur le point de tourner un film sur quatre adolescents de l’estate De Peperklip de Rotterdam (ainsi nommé en raison de sa forme distinctive qui ressemble à un trombone déplié) lorsque l’un de ses sujets a demandé à se retirer. Il s’agit de Sharonio « Shabu » Abisoina, un ado néerlandais d’origine surinamaise, aspirant rappeur, au caractère aussi grand que la vie, qui s’était retrouvé dans de mauvais draps après avoir accidentellement crashé la voiture de sa grand-mère. Plutôt que de le laisser partir, Raphaëla a utilisé cet incident comme tremplin pour célébrer Shabu, une célébration aussi joyeuse et indomptable que lui. Privilégiant les prises de vue à basse altitude, pour mieux l’admirer avec émerveillement, elle le suit pendant l’été alors qu’il lutte pour réunir 1 200 euros afin de payer les réparations avant le retour de sa grand-mère, qu’on voit le réprimander sur Skype depuis Suriname. Après avoir vendu des glaces à ses voisins, il a l’idée de facturer deux euros par personne pour une fête de quartier, avec danseurs et DJs.
Shabu peut être joyeux mais il est facilement distrait, tapant sans cesse sur n’importe quelle surface qu’il peut trouver, se trompant dans les tâches les plus simples (envoyé chercher du papier toilette, il revient avec un steak) ou annonçant à tous ceux qui veulent l’entendre : « Je vais devenir célèbre ! » La majeure partie de sa vie est consacrée à jongler entre son meilleur ami, Jahnoa, et sa « wifey », Stephany, tout en essayant de répondre à leurs exigences concurrentes. Sans jamais insister sur le sujet, le film montre cet enfant trop grand, qui rappe sur le fait d’être « un petit garçon de Peperklip », en train d’apprendre à devenir adulte.
Quelques allusions brèves et sanglantes au crime dans l’estate ne parviennent pas à ternir la vitalité et la couleur de l’image. Chaque plan ressemble à une fête, ce qui rend étrange le fait que la séquence finale de la fête elle-même semble précipitée. Peut-être que Raphaëla aurait pu varier un peu plus le tempo, bien qu’une bande son bluesy aide à calmer les choses de temps en temps, tout comme les scènes qui dévoilent le côté clownesque de Shabu. L’effet global est magique et euphorique, un peu comme si Jacques Demy avait dynamisé La Haine.
Important Points:
1. Shamira Raphaëla était en train de tourner un film sur les adolescents de l’estate De Peperklip à Rotterdam.
2. Sharonio « Shabu » Abisoina, un ado néerlandais d’origine surinamaise, a demandé à se retirer du film après avoir crashé la voiture de sa grand-mère.
3. Raphaëla a décidé de faire de cet incident le point de départ d’une célébration de Shabu.
4. Shabu essaie de réunir 1 200 euros pour payer les réparations avant le retour de sa grand-mère.
5. Il organise une fête de quartier pour collecter de l’argent.
6. Le film montre comment Shabu, en tant qu’adolescent, apprend à devenir adulte.
7. Malgré quelques allusions au crime, le film est vivant et coloré.
8. La séquence finale de la fête est un peu précipitée.
9. Shabu sortira le 7 juillet au Royaume-Uni.
