
Leni Riefenstahl fait son retour au festival du film de Venise, en quelque sorte, en tant que star du documentaire profondément fascinant d’Andres Veiel sur l’artiste controversée. En 1938, à Venise à l’époque de Mussolini, Riefenstahl a remporté le premier prix pour Olympia, son sublime, mais suspect panégyrique des Jeux olympiques de Munich. Sa carrière a atteint des sommets sur le Lido, pour ensuite sombrer directement en enfer. Le film de Veiel montre comment cela s’est produit, et comment elle a tenté en vain de sauver sa réputation.
- Retour de Leni Riefenstahl au festival du film de Venise
- Documentaire d’Andres Veiel sur l’artiste controversée
- Riefenstahl a remporté un prix à Venise en 1938 pour Olympia
- Le film explore sa carrière et sa relation avec le nazisme
Riefenstahl ne vient pas pour encenser ni réhabiliter la réalisatrice défunte, mais cela ne signifie pas non plus qu’elle veuille l’enterrer. Le film la reconnaît comme une pionnière : une artiste féminine passionnée dans une industrie dominée par les hommes, dont l’œil poétique et le savoir technique ont révolutionné le médium (littéralement dans le cas d’Olympia, avec ses plongeurs au ralenti et ses lanceurs de disque). Mais le film montre également comment son travail est inextricablement lié au nazisme – alimenté par lui, défini par lui – et qu’il ne peut jamais être vu de manière isolée, comme quelque chose de pur et d’intouché. En protestant vigoureusement qu’il devrait l’être, la réalisatrice s’est engagée dans une boucle argumentative sans fin.
- Reconnaissance de Leni Riefenstahl en tant que pionnière
- Exploration de sa relation avec le nazisme
- Conflit entre son innocence revendiquée et les preuves de sa culpabilité
La défense de Riefenstahl, pour mémoire, était qu’elle était une artiste et non une politicienne, esclave de la beauté et donc un peu naïve en se laissant récupérer et commissionner par Hitler et Goebbels. Triumph of the Will, son hommage de 1935 au Congrès du parti nazi à Nuremberg, n’était pas de la propagande, dit-elle, mais un film « sur la paix et le travail ». Le fascisme corporel d’Olympia, en outre, était aveugle à la couleur, exempt de préjugés raciaux et pouvait tout aussi bien s’appliquer à Jesse Owens qu’aux surhommes aryens du Führer. « L’art est l’opposé de la politique », explique-t-elle. Et d’ailleurs, « n’importe qui aurait fait » ce qu’elle a fait à l’époque. « Devrais-je avoir été une résistante ? » se moque-t-elle en confrontant un critique dans un talk-show des années 1970.
- Explication de la défense de Riefenstahl
- Controverse autour de la nature de son travail
- Rejet des accusations de propagande nazie
