Le film muet fascinant de 1928 du réalisateur arménien Amo Bek-Nazaryan met en vedette des machines à l’allure monumentale auxquelles on pourrait attribuer une certaine qualité héroïque. Cette œuvre remarquablement restaurée a une valeur archivistique inestimable en plus de dégager une énergie intense et dynamique.

En juxtaposant habilement les statues étranges de l’architecture industrielle immense et les visages des gens qui vivent et travaillent à son ombre, Bek-Nazaryan crée un contraste saisissant. Le film s’ouvre sur un travailleur expérimenté de l’Arménie soviétique actuelle, à qui son fils – ou quelqu’un que l’on pense être son fils – demande de signer sa demande d’adhésion au parti communiste. L’homme plus âgé explique à son fils qu’il s’agit non seulement de signer des papiers, mais aussi d’acquérir une expérience solide dans la solidarité et le sacrifice.

Il raconte ensuite l’histoire d’une action des travailleurs en 1907 durant les années réactionnaires. Dans ce récit, des ouvriers d’un champ pétrolifère sont régulièrement sacrifiés aux normes de sécurité insuffisantes. Les employés demandent dans un premier temps à leur patron arménien de construire des logements plus proches du puits de pétrole, épuisants à atteindre après une longue marche depuis leur caserne. Le patron accepte, mais le terrain sur lequel il envisage de construire est dangereux en raison de gaz souterrains explosifs, d’où le titre du film.

La cruauté froide et l’arrogance glaciale du patron vont entraîner une horreur cataclysmique alors que les logements des travailleurs sont engloutis par des flammes infernales. Le nationalisme bourgeois qui considère que les travailleurs arméniens ne doivent pas s’opposer aux vues d’un patron arménien est une idéologie dédaignée dans le film.

Finalement, un travailleur syndicaliste est trompé et attaque le patron, puis est envoyé en prison, séparé de sa femme et de son enfant – un rebondissement final qui nous ramène à l’époque contemporaine. La nouvelle partition de Juliet Merchant, exceptionnelle et incarnant l’intensité lyrique du film, est l’un des points d’orgue de cette œuvre.

Points clés :
– Le film muet fascinant de 1928 du réalisateur arménien Amo Bek-Nazaryan a été restauré et possède une valeur archivistique inestimable.
– Le film juxtapose de manière habile les statues étranges de l’architecture industrielle immense et les visages des gens qui vivent et travaillent à son ombre.
– Le thème du film parle de l’engagement des travailleurs, de la solidarité et du sacrifice durant les années réactionnaires de 1907.
– Le nationalisme bourgeois est considéré comme une idéologie dédaignée dans le film.
– La nouvelle partition de Juliet Merchant souligne l’intensité lyrique du film.

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