Un nouvel étrange équilibre dans « Jules »

Gavin Steckler, scénariste, et Marc Turtletaub, réalisateur, affichent un nouveau scénario délirant et sympathique pour « Jules ». En 1982, dans le classique de Mathison/Spielberg, l’extraterrestre en visite trouvait refuge dans le monde secret des enfants, dont l’existence échappe aux adultes. Aujourd’hui, l’alien se retrouve protégé par des personnes âgées, habituées à être patronisées et ignorées.

À la tête des alliés de l’alien se trouve Milton, interprété par Ben Kingsley, un veuf âgé chez qui son vaisseau spatial s’écrase dans le jardin, et qui, avec une gentillesse instinctive de voisin, accueille la créature interplanétaire muette, sans poils dans sa maison. Milton souffre de démence, et lorsque qu’il dit aux personnes locales qu’il doit prévoir plus de nourriture pour l’alien, personne ne semble vraiment y prêter attention sauf sa fille adulte Denise. La scène dans laquelle Milton échoue au test de démence chez le médecin est vraiment touchante et triste car elle pourrait dater d’un tout autre film sérieux.

Harriet Sansom Harris et Jane Curtin jouent les voisines de Milton, Sandy et Joyce, et le film nous montre subtilement qu’elles sont, à leur manière, tout aussi malheureuses et tristes que Milton: aliénées de leurs enfants adultes et dans le cas de Joyce, aliénée de sa propre jeunesse excitante et audacieuse dans la grande ville. Contrairement à Milton, Joyce n’oublie pas, mais le monde lui-même se moque de ses pensées et souvenirs, et la démence lui est imposée socialement de l’extérieur.

Ce film est sentimental et pittoresque, et la fin est un peu embrouillée, mais il y a de la douceur et de la tendresse, portée par Kingsley.

Jules sortira le 29 décembre dans les cinémas britanniques et sur les plateformes numériques.