Le récent 25ème anniversaire de l’accord du Vendredi Saint a souligné à quel point les Troubles, et toutes ces années de violence, ont été relégués dans l’histoire. Avec des plaies moins vives, il est plus facile de puiser dans cette période des drames remplis de violence à enjeux élevés et allégés de problèmes moraux concernant la justice, la loyauté et les expédients politiques. Le romancier et scénariste originaire de Belfast, Ronan Bennett, est l’homme idéal pour cartographier ce terrain. Ce n’est pas seulement ses racines dans la région qui l’aident, mais aussi sa longue implication dans les dramas policiers britanniques, depuis Face en 1997 jusqu’à la série TV Top Boy, en passant par la mini-série historique Gunpowder sur le complot de Guy Fawkes.
Le scénario de Bennett pour Dead Shot est d’une vérité croquante et semble obtenir les détails justes, surtout dans la façon dont l’idéologie se répercute dans la vie quotidienne. La réalisation par les frères britanniques Charles et Thomas Guard est peut-être moins distinctive, mais les fondements d’une œuvre forte, originale et évocatrice sont là. Comme tant d’histoires d’hommes engagés dans une danse mortelle de destruction à cause des accidents de la guerre, cela tourne autour de deux gars de camps opposés qui auraient pu, dans un autre lieu et à un autre moment, s’apprécier, mais sont forcés de se détruire mutuellement dans ce monde.
C’est le début des années 1990, et O’Hara (Colin Morgan) est un homme de l’IRA qui se fait prendre dans une embuscade alors qu’il emmène sa femme Carol (Máiréad Tyers) à l’hôpital pour accoucher. Dans la confusion du moment, la pauvre Carol est abattue par le soldat britannique Tempest (Aml Ameen). Loin de le punir, son supérieur hiérarchique (Mark Strong) le promeut pour avoir été un si bon tireur, d’où le titre, et le transfère à Londres où il rejoindra une unité dédiée à la chasse aux membres de l’IRA derrière la campagne de bombardements. Bien sûr, c’est là que se dirige O’Hara. Cela signifie qu’il peut passer du temps avec sa petite amie Ruth (Sophia Brown, laissant une impression substantielle dans ce qui aurait pu être un rôle sur étagère); mais bien sûr, Ruth devient une cible pour O’Hara qui cherche à se venger, à la manière de l’Ancien Testament.
Les frères Guard supervisent les scènes d’action avec style, notamment celle de la gare de Paddington, et les détails de l’époque sont impeccables, de la coupe des costumes au look des cabines téléphoniques. Si la trajectoire semble un peu prédestinée par la convention dramatique, il y a encore des retournements acérés en réserve, surtout dans les dernières minutes.
Dead Shot est disponible à partir du 12 mai sur Sky Cinema.
Points importants :
- Le 25ème anniversaire de l’accord du Vendredi Saint a mis en évidence la manière dont les Troubles ont été relégués dans l’histoire.
- Le scénariste Ronan Bennett est le choix idéal pour cartographier cette période.
- Le scénario Dead Shot est d’une vérité croquante, surtout dans la façon dont l’idéologie se répercute dans la vie quotidienne.
- C’est le début des années 1990, et l’histoire tourne autour de deux gars de camps opposés qui sont forcés de se détruire mutuellement.
- Les détails de l’époque sont impeccables, de la coupe des costumes au look des cabines téléphoniques.
- Dead Shot est disponible à partir du 12 mai sur Sky Cinema.
