Un film puissant et psychologique sur les attaques terroristes de Paris

La réalisatrice française Alice Winocour a vécu l’horreur des attaques terroristes à Paris en novembre 2015 lorsque son frère se trouvait dans la salle de concert du Bataclan. Dans des interviews, elle a déclaré avoir échangé des messages avec lui pendant qu’il se cachait. Il a survécu au massacre et elle a désormais réalisé un drame sur une attaque terroriste fictive à Paris. Le film ne se concentre pas sur les scènes de carnage ou de guerre ; il s’agit plutôt d’une enquête psychologique qui suit une survivante alors qu’elle tente de reconstituer ses souvenirs de cette nuit-là. C’est un film mesuré et puissant, avec une performance de Virginie Efira qui semble presque télépathique par moments. Dans certaines scènes, elle ne prononce pas un mot et à peine un mouvement de son visage, et pourtant on comprend ce qu’elle ressent.

Le film se concentre sur Mia, une journaliste intraitable et traductrice dans la quarantaine, en couple, sans enfant. Elle a la malchance d’être présente dans le restaurant visé par les terroristes. Alors qu’elle rentre chez elle à moto tard dans la nuit, le ciel s’ouvre ; le temps ralentit alors qu’elle se réfugie dans le restaurant pour échapper à l’averse, commande un verre de vin, puis un coup de feu retentit. Winocour filme l’attaque principalement du point de vue de Mia, allongée à plat ventre sur le sol. Comme elle, tout ce que nous voyons vraiment, ce sont les pieds du tueur. C’est la conception sonore – le bris de verre et la terreur – qui rend la scène insupportable.

Le film se situe principalement trois mois plus tard, lorsque la mémoire de Mia est criblée de trous. Elle rejoint une communauté de survivants où une femme l’accuse avec colère de s’être barricadée dans une cabine de toilette lors de l’attaque, en se sauvant elle-même et en laissant les autres mourir. Mia ne veut pas croire qu’elle aurait pu faire cela, mais comment en être sûre ? Cette histoire s’incruste donc dans son récit de cette nuit-là ; elle revit cette scène dans sa tête et cela devient un souvenir.

Le titre réel du film – en français – est Revoir Paris : To See Paris Again. L’idée est que Mia ne peut pas revenir à sa vie d’avant – son cerveau a été reprogrammé, elle n’est plus la même personne. Comme d’autres survivants, elle est désespérée de retrouver un étranger qu’elle se rappelle de l’attaque : un homme avec qui elle tenait la main dans un placard. C’est un jeune chef sénégalais (un rôle mineur, joué magnifiquement par Amadou Mbow) qui a disparu – soit mort, soit en fuite. Le film devient un peu plus conventionnel lorsque Mia tombe amoureuse d’un autre survivant – Thomas, drôle et beau dans un certain angle (joué par Benoît Magimel). C’est une fin un peu ordinaire pour un film si profondément touchant, réalisé avec énormément de soin.

  • Un film puissant et psychologique sur les attaques terroristes de Paris
  • Mia, une journaliste et traductrice dans la quarantaine, est présente lors de l’attaque
  • Le film se concentre sur sa tentative de reconstituer ses souvenirs de cette nuit-là
  • Le titre réel du film est « Revoir Paris : To See Paris Again »
  • Mia cherche à retrouver l’étranger qu’elle se souvient avoir tenu la main pendant l’attaque
  • Le film prend une tournure plus conventionnelle avec l’histoire d’amour entre Mia et un autre survivant, Thomas
  • Sortie du film le 4 août au Royaume-Uni et le 3 novembre en Australie
A Lire aussi  Pourquoi "Mission: Impossible" est le meilleur film d'action hollywoodien - Mon expérience de doctorat en témoigne !