Covid-19, à quoi ressemblera la neuvième vague ? Réponse d'expert › Actualités geek - 1

Noël sans neige mais avec Covid. C’est le scénario le plus probable pour célébrer la fin de l’année. « Nous sommes face à une nouvelle vague de l’épidémie », explique Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine. Le nombre de cas a augmenté ces dernières semaines. Le fameux « R0 », qui indique la capacité du virus à se propager dans la population, est passé au-dessus de 1. Et des barnums consacrés aux tests font à nouveau leur apparition devant certaines pharmacies. Quelle sera l’ampleur de cette nouvelle épidémie ?

Regarder les courbes passées est plutôt encourageant. « On remarque que les vagues deviennent de moins en moins hautes avec le temps. Cela reflète un phénomène dont nous devrions nous réjouir : nous avons en quelque sorte atteint une certaine immunité collective », note Yves Buisson. En effet, 80% des Français ont été vaccinés au moins une fois, et la plupart d’entre eux ont été exposés au virus au moins une fois.

A très court terme, cette configuration nous offre un peu d’oxygène car l’immunité collective ralentit légèrement la circulation du Sars-CoV-2 et réduit l’incidence des formes sévères nécessitant une hospitalisation. « L’épidémie repart, mais on peut espérer qu’elle ne monte pas très haut car la variante qui est en train de s’imposer – BQ1.1, issue de la sous-variante Omicron BA.5 – reste connue de notre système immunitaire. système, même s’il s’est permis plusieurs mutations », souligne Yves Buisson. Malgré tout, les épidémiologistes envisagent l’avenir avec prudence. « Il est impossible de savoir si l’avenir sera constitué d’ondelettes ou de phases beaucoup plus problématiques », admet Katherine Hill, épidémiologiste et chercheuse à l’Institut du cancer Gustave Roussy. « Nous avons toujours un virus qui circule activement et échappe partiellement à notre immunité. En fait « nous l’avons laissé se répandre sur toute la planète. C’est comme ça qu’il mute, et si c’est fait efficacement dans un autre pays, vous pouvez être sûr qu’après un certain temps, il nous parviendra.

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Le problème de la vaccination

En ce moment « BQ1 » s’installe en France. Mais une autre sous-option d’Omicron apparaît déjà – XBB. Et alors ? Personne ne sait. « C’est très difficile pour moi de prédire ce qui va se passer l’an prochain, confirme Yves Buisson. vaccins efficaces. Mais ça ne dure pas longtemps. Après six mois, il y a une diminution notable. De plus, dans notre pays, les personnes éligibles à la vaccination ne reçoivent pas suffisamment de vaccins. Ces raisons plaident en faveur d’une campagne de vaccination vigoureuse, incarnée par le vaccin Mr, qui expliquerait clairement ce qu’il faut faire et pourquoi. Complètement à l’opposé de la situation d’aujourd’hui.

Katherine Hill en convient : « Afin de limiter les effets de l’épidémie, il faut que les gens soient vaccinés à temps. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement n’introduit pas de règles claires dans ce domaine. C’est simple : si vous avez moins de 80 ans et que votre dernier Covid ou votre dernier vaccin date de plus de 6 mois, allez vous faire revacciner. Et pour les personnes âgées de 80 ans et plus, le principe est le même avec un décalage de 3 mois. Il n’y a actuellement aucun message clair », déplore le scientifique. Mais ce qui compte, c’est ce qui est en jeu. Actuellement, seulement 21% des personnes âgées de plus de 80 ans et 37% des personnes âgées de 60 à 79 ans sont bien protégées, selon le ministère de la Santé.

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Communication sans conviction

« L’idéal serait que tout le monde utilise les gestes barrières en même temps et vaccine beaucoup plus largement, même au-delà des personnes à risque », précise Yves Buisson. « Mais il ne faut pas rêver, on est loin de ça. Les politiciens refusent de renoncer à leurs obligations. Ils ne peuvent donc que faire des recommandations. Mais on voit que les Français se soucient beaucoup moins du port du masque ou du maintien de la distanciation sociale. Et du côté des vaccins, la communication manque toujours de conviction. C’était comme ça depuis le tout début. Rappelez-vous la première campagne. Jusqu’ici, tous nos voisins avançaient vite, on se demandait encore s’il fallait obliger les gens à s’inscrire à l’EHPAD. Plus tard, quand Omicron est arrivé, c’était la panique et le saut de vaccination a été lancé très tardivement. En agissant plus efficacement, nous aurions évité de nombreux décès.

Pourtant, les épidémiologistes ne baissent pas les bras. « Nous avons encore les outils », dit Catherine Hill. «Je pense toujours que nous aurions dû essayer de faire des tests de groupe pour réduire les coûts. Nous avons prélevé des échantillons d’une vingtaine de personnes dans un tube, et si nous ne trouvons pas le virus dans celui-ci, « Donc tous négatifs. On pourrait même imaginer la version finale de cette méthode, basée sur l’analyse des eaux usées d’une ville entière.

« La vaccinologie n’a pas encore dit son dernier mot, ajoute Yves Buisson. Par exemple, les chercheurs travaillent toujours sur un vaccin muqueux. Ce type de protection n’éliminera pas le Covid. Mais il pourrait résumer cela à une infection respiratoire, tout comme les autres. «Nous avons longtemps espéré que le covid suivra un schéma comparable à la grippe, avec une circulation silencieuse tout au long de l’année et une ou deux vagues épidémiques pendant la saison hivernale. Je pense qu’un jour nous en viendrons là », déclare l’épidémiologiste. Mais force est d’admettre que le chemin s’avère plus difficile que prévu.

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