Fyzal Boulifa, réalisateur britannique d’origine marocaine, a récemment sorti son deuxième long métrage intitulé « The Damned Don’t Cry ». Ce film raconte l’histoire bouleversante d’une mère et de son fils vivant dans la pauvreté au Maroc et sombrant dans l’exploitation. Boulifa s’est inspiré de sa propre famille pour créer ce récit poignant, évoquant les sacrifices et les luttes auxquels sont confrontés les personnages. Le réalisateur, adepte de travailler avec des acteurs non professionnels, a choisi des inconnus marocains pour incarner les rôles principaux, ajoutant ainsi une authenticité saisissante au film.
Boulifa revient également sur les thèmes récurrents de son travail, à savoir la classe sociale et son impact sur la vie des individus. Il constate d’ailleurs que le débat sur la classe sociale est souvent évité, en particulier dans le cinéma « arty », qui privilégie souvent l’opposition entre tradition et liberté. Pour le réalisateur, cette vision simpliste ne rend pas compte de la complexité de la réalité sociale, notamment dans les pays postcoloniaux tels que le Maroc. Il souhaite donc aborder ces questions de manière plus nuancée et subtile.
Interrogé sur son parcours personnel, Boulifa évoque son enfance dans un quartier ouvrier à Leicester, en Angleterre, où il a grandi dans une famille marocaine. Il se rappelle également les difficultés rencontrées par ses parents, qui ont émigré au Royaume-Uni pour trouver du travail. Malgré ces obstacles, Boulifa a réussi à forger sa propre voie dans le monde du cinéma, cherchant constamment à repousser les limites et à explorer de nouveaux thèmes et idées.
Le réalisateur apprécie également le soutien et la reconnaissance accordés au cinéma français, qui, selon lui, accorde une place importante à la culture et à la diversité. Il souligne que la France a une longue histoire coloniale avec le Maroc et que cela facilite le financement de ses films. Il admire également la capacité de la société française à accepter les contradictions et à vivre avec des différences, une leçon qu’il a apprise de sa propre famille marocaine.
En conclusion, Fyzal Boulifa est un réalisateur singulier et talentueux, dont le travail explore les questions de classe sociale, d’oppression et de survie. Son dernier film, « The Damned Don’t Cry », est une œuvre poignante et émouvante qui mérite d’être découverte par le public français.
